TRANSMETTRE
Asterisk Une journée dans ma vie de famille IEF
28/02/2019 Isabelle in TRANSMETTRE / No comments

C’est une idée qui circule sur les blogs de familles qui pratiquent l’école à la maison : raconter quasiment heure par heure une journée « lambda » de leur vie d’Instruction en Famille. Pour démythifier ce mode d’instruction. Pour se rassurer mutuellement : non, tout n’est pas parfait, lisse chez les autres tandis que chez soi, on ramerait. Pour expliquer aussi la pertinence de leur choix ou tout du moins favoriser la connaissance de la réalité de leur vie. L’exercice me semble pertinent, mais avant toute chose, je voudrais vous partager « grosso modo » notre organisation. Comme un repère. Après, c’est promis, je vous raconterai l’une ou l’autre journée !

Voir aussi : Pourquoi j’ai choisi d’instruire mon enfant en famille ?

Nos spécificités

Avant toute chose et pour que le tableau soit réaliste, voici quelles sont nos particularités. Car bien sûr, l’Instruction en Famille varie selon le mode de vie, le nombre d’enfants et leur âge, la profession des parents (et si l’un s’est arrêté de travailler ou pas) :

  • Un seul enfant, né en 2011
  • Deux parents en reconversion professionnelle pour devenir « digital nomade » : web développeur pour l’un, rédactrice web pour l’autre
  • La vie nomade : depuis septembre 2017, nous n’avons plus de logement fixe ; nous avons voyagé en Asie et Océanie, sommes revenus en France dans nos familles respectives, avons eu recours aux Airbnb. Nous repartons bientôt pour l’Asie. Bref : nous bougeons.

Voir aussi : Comment le voyage a changé ma vie

A quelle heure sonne le réveil ?

Il ne sonne pas ! On ne va pas se priver de l’un des atouts majeurs de ce mode de vie 😉 Ca ne veut pas dire que c’est “grasse mat’” 365 jours sur 365. Mais plutôt que chacun vit à son rythme en fonction de ses besoins et des impératifs extérieurs. Mon conjoint apprécie de se lever tôt, voire très tôt (4-5h du mat’) ; notre bonhomme et moi nous levons plutôt vers 8h. Pas besoin de courir, la journée est longue. 

En début de matinée : chacun sa routine

Le matin, chacun a sa routine. Je fais ma gym et quand j’arrive dans la pièce commune, mon mari est depuis longtemps sur son ordinateur, casque sur les oreilles. Raphaël a déjà pris son petit déjeuner, il aime être tranquille, c’est le moment où les idées lui viennent. Il se concentre et dessine ou bricole. Je prends mon café dehors puis je m’isole et écris. Quand il y a un jardin, Raphaël sort jouer, construire un pont ou une cabane, ou sauter sur le trampoline quand il y en a un (son sport préféré).

Voir aussi : Instruction : comment mettre en place une routine ?

Le temps de travail formel

Se retrouver

En fin de matinée, Raphaël et moi nous retrouvons pour un temps de travail « scolaire ». Rapha rechigne par automatisme. C’est un rituel 😉 Nous nous posons pour boire un verre d’eau ou une tisane ; nous papotons ou bien je lis un passage de livre. Selon l’humeur, nous enchaînons sur quelques exercices : la « brain gym », pour se concentrer. Puis nous nous installons à un bureau, peu importe lequel (il y en a dans les hôtels, les Airbnb, partout..).

La lecture

En général, nous commençons par de la lecture à voix haute. Je me mets donc à gauche de Raphaël, pour pouvoir si besoin mettre mon doigt sur un mot. En ce moment, nous lisons « Picouic et Tigrelin en Europe », l’intrigue l’intéresse et il apprécie d’apprendre de nouvelles choses (c’est un livre qui fait de la géographie, de l’éducation civique, et apporte des éléments de culture générale). 


Je relis le passage pour qu’il l’entend en entier, pour le plaisir, puis Raphaël répond aux questions à voix haute.

L’écriture

Vient ensuite l’écriture. Je change de place et me mets à droite de Raphaël… car il est gaucher. A l’heure actuelle (niveau milieu de CE1) nous avons un seul cahier. Raphaël écrit la date puis quelques éléments qu’il devra retenir (conjugaison, orthographe à partir de CE livre ludique : au bout de 4 séances d’écriture, nous faisons une dictée.

Ou alors, nous prenons le fichier de français que nous avons choisi. Cela change : il s’agit de lire la leçon et de compléter les exercices. C’est aussi un repère d’évolution. Raphaël écrit alors la date en chiffres.

Les maths

Il arrive que cela fasse déjà beaucoup. Dans ce cas, Raphaël fait un dessin dans son cahier, et nous remettons la séance de math à « après le goûter ». Elle consiste en général en : un peu de calcul mental et un ou deux problème du ficher que nous avons choisi.

Ou alors, pour changer, nous faisons, comme pour le français, une partie du “programme” dans le fichier que nous avons choisi.

Une structure repère

Cette structure est un repère. Elle évolue en fonction des besoins. Par exemple, la dictée a été un gros morceau. A cette période là, je ne proposais en math qu’un peu de calcul mental, pour ne pas alourdir Rapha (voire le mettre en échec). L’avantage de l’Instruction en Famille, c’est qu’on a le temps. Et ce qui est posé une fois est vraiment posé. C’est du moins ce que j’observe avec notre enfant.

Voir aussi : Comment commencer le travail formel ?

De longues après-midi pour faire “autre chose”

Au niveau CE1, le travail s’arrête là. L’après-midi, voici nos différentes activités possibles :

  • Rapha joue, lit une Bd, regarde un documentaire, pendant que nous, parents, nous travaillons
  • Nous nous baladons en famille dans la nature (forêt, champs,…) : c’est un besoin et un plaisir
  • Nous allons au square (un point de repère qu’on trouve dans à peu près tous les pays) : le « temps de Loulou » pendant lequel nous, parents, nous débriefons
  • Nous invitons des amis pour Rapha (et on discute entre adultes)
  • Nous allons à la bibliothèque (nous sommes d’excellents clients, quel que soit le point du globe !)
  • Nous visitons ensemble une ville, un lieu à proximité (facilement une fois par semaine)
  • Nous allons aux rencontres d’enfants non-scolarisés, puisqu’il existe des associations partout en France, et dans tous les pays : j’ai le réflexe de chercher sur Fb s’il y a des familles à rencontrer
  • Nous allons à la pêche aux activités alentours, notamment pendant les week-ends et vacances scolaires

Un calendrier ultra souple

Le gros avantage de l’Instruction en Famille, c’est qu’elle se déroule dans la vraie vie.

En IEF, on fait feu de tout bois, on apprend à partir de ce qui est, et chacun apprend en fait. Pas seulement l’enfant, mais les parents aussi. Par exemple, si en se baladant en ville, on voit quelqu’un qui travaille sur la chaussée, et que notre enfant s’interroge, on essaie d’entamer la conversation directement avec la personne qui travaille. C’est elle l’experte. Et nous sommes les apprenants, au même titre que notre (nos) enfant(s).

Dans la vraie vie, il y a aussi des jours « sans » (enfant ou parent malade), des jours où on bouge, des soirées entre amis qui se prolongent jusque tard, des impératifs pro ou technique.

Enfin, il y a de très nombreux jours où “on n’a pas envie de s’y mettre” , “on est de mauvaise humeur” (enfant… ou parent). C’est ça aussi la vraie vie ! Comment on fait, dans ces moments-là ? J’aurais l’occasion de vous raconter ça dans une de mes “vraies journées IEF”… !

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