POURQUOI J’AI CHOISI D’INSTRUIRE MON ENFANT EN FAMILLE

Voilà plusieurs années maintenant que nous pratiquons l’Instruction en Famille. Un chemin passionnant, qui amène à se connaître, s’organiser, progresser et transmettre. Autant dire qu’on est au coeur de la thématique de ce blog ! Dans cette série d’articles, je vous partage notre témoignage : les questionnements avant, les débuts, notre tâtonnement au niveau du choix de la pédagogie, des outils, de l’organisation d’une routine, mais aussi nos fiertés et là où nous en sommes maintenant, en espérant que cela vous inspirera et ouvrira votre champ des possibles. 1ère partie cette fois-ci : l’avant IEF, comment ça s’est passé, notre situation, le pourquoi de ce choix, mais aussi mes peurs et le regard des autres.

AU TOUT DEBUT, J’AI SUIVI LE MOUVEMENT

Les fourmis suivent leur congénères… à l’infini…

Quand la question de scolariser notre enfant s’est posée, c’est-à-dire lorsqu’il avait 2 ans et demi puisqu’en France, les démarches d’inscription à l’école maternelle commençant 6 mois avant la rentrée, j’ai commencé par suivre le mouvement : mettre à jour le carnet de vaccination de mon fils, faire calculer notre quotient familial, remplir les papiers pour l’école publique et fouiner sur le net à la recherche d’infos sur les écoles dites alternatives. J’ai découvert au passage que pour les écoles « privées sous contrat », c’était râpé : toutes les pré-inscriptions étaient faites depuis longtemps ! Nous étions en région parisiennela course à la place dans la « bonne école » fait rage ! 

LA MATERNELLE EN REGION PARISIENNE

Et quand on questionne les parents d’enfants scolarisés, on entend parfois des histoires qui font frémir…

Les classes sont aussi réputées pour être surchargées : il n’est pas rare de compter 30 enfants dans une classe de Petite Section. Tous ces enfants, si petits, rassemblés sous la responsabilité de deux adultes (un enseignant et une assistante maternelle), ça me donnait des sueurs froides. Et dire que mon enfant avait eu une nounou pour lui tout seul, puis une assistante maternelle « très chargée » : c’est-à-dire qu’elle gardait 4 enfants. Et là, sans transition, on prévoyait de faire garder 30 enfants en même temps entre 4 murs. Ca me paraissait « un peu » beaucoup…. et aussi « un peu » prématuré car à 3 ans, beaucoup enfants se font à peine comprendre : comment ces adultes pourraient lui donner le miroir de parole structurée qui le ferait vraiment progresser et lui donnerait ce sentiment intérieur de sécurité si fondamental pour la suite ?

ET POURQUOI PAS UNE ECOLE A PEDAGOGIE MONTESSORI ?

Les tarifs de certaines écoles hors-contrats en France sont rédhibitoires

A cette époque, et comme beaucoup de parents, j’ai été attirée par la pédagogie Montessori, pour son respect de l’enfant, de son rythme, le souhait d’accompagner l’enfant vers l’autonomie, et de faire évoluer des enfants d’âge différents dans un même espace. Je garde ces valeurs bien précieusement et tâche de les appliquer au quotidien. Malheureusement, les tarifs des écoles Montessori (entre 350 et 700 euros par mois dans le secteur où nous habitions) m’ont fait pâlir ! Il nous a semblé plus approprié de réserver ce budget à des sorties et aux voyages (qui forgent la jeunesse, n’est-ce pas !?).

1er REGARD SUR L’INSTRUCTION EN FAMILLE

Vivre à son rythme, faire les choix qui nous correspondent vraiment

Quand j’ai eu fini mon tour d’horizon des possibilités d’instruction « classiques », j’ai honnêtement lorgné du côté de l’Instruction en Famille. L’idée m’enthousiasmait et m’effrayait en même temps. Permettre à mon fils d’évoluer à son rythme, dans « la vraie vie », de rencontrer d’autres familles dans notre cas avec des enfants de tous âges, d’établir un « programme à la carte » me tentait profondément.

LES FREINS INTERIEURS DU FUTUR « PARENT INSTRUCTEUR »

En même temps, j’étais impressionnée par ma responsabilité puisque c’est moi qui serai le « parent instructeur ». Et si je me trompais ? Et si je ne donnais pas à mon enfant « suffisamment » ? S’il n’était pas assez « nourri », ni en terme de « progression scolaire » ni en terme de « socialisation » ?

Et puis, si je suis de nature créative, et si j’ai à coeur de suivre mon intuition, je ne me sens pas non plus « hippie », et je redoutais de rentrer malgré moi dans une « case » qui ne correspondait pas du tout à ce que j’étais vraiment. J’avais peur du regard que les autres pourraient porter sur moi, sur nos choix, et ce d’autant plus que nous habitions et travaillions dans une école (paradoxal mon cher Watson).

La peur du regard des autres… un frein si commun

Je mesurais aussi nettement qu’en faisant ce choix, les sceptiques attendraient « un surcroît de réussite » pour se sentir « à peine rassurés ». J’ai toujours beaucoup douté de moi, et la perspective d’être passée au crible du détecteur d’anticonformisme me glaçait le sang.

UN CHOIX QUI ENGAGE ET FAIT PROGRESSER

En tant que parent instructeur, on peut être fier, malgré les hauts et les bas !

En ce sens, l’Instruction en Famille m’a amenée à assumer ce que je portais, à renoncer à plaire à tout le monde, et à m’assouplir : on ne peut pas être compris de tous, mais on peut rester en relation malgré tout. Aujourd’hui, avec 5 ans de pratique d’IEF, il m’arrive encore de frémir quand je saisis que mon fils n’est pas « exactement » dans les clous des attendus sociaux ou de niveau. Mais je me soigne 😉 Mon enfant vit, évolue, avec une personnalité riche, un imaginaire et une curiosité foisonnante et une personnalité bien affirmée : il sait ce qu’il veut ou pas. C’est sur ces assises là que je me repose !

DES CONNIVENCES AVEC LES ENSEIGNANTS

Accompagner les élèves à s’intégrer dans le monde de demain. L’objectif des enseignants… et celui des parents instructeurs

Dans quel monde grandira mon enfant ? De quelles compétences aura-t-il besoin ? Que faire pour lui permettre de les acquérir ? C’est sur ces points que je m’interroge, au même titre que les enseignants d’ailleurs, et c’est pour ça qu’à mon sens, nous partageons les mêmes valeurs ! N’avons-nous pas pour objectif de former des citoyens libres et responsables, qui expriment leur talent propre et se donnent avec enthousiasme ?

DES FACTEURS ENCOURAGEANTS

Bénéficier de soutien, une vraie chance !

Mais revenons aux prémisses ! A un moment de ma recherche, je me suis « autorisée » à essayer. Mon mari m’y encourageait (c’est une énorme force !), lui-même était alors enseignant (il voyait donc l’école « de l’intérieur »), une de mes belles-soeurs pratiquait déjà l’école à la maison (pour moi, c’était un repère et la preuve que c’était un possible) et mon travail me le permettait (je travaillais en soirée ; financièrement, et au niveau du rythme, c’était possible). Autant dire que j’avais, comparativement à d’autres parents qui se posent la question de commencer ou non l’Instruction en Famille, beaucoup de chance.

CHOISIR DE TESTER ET DE RESTER SOUPLE

OSER sortir de la fourmilière ! Aller jeter un oeil au dehors. tester !

Pour moi néanmoins, à ce moment-là, c’était un risque, un cap. Et j’ai fait le « pari de Pascal », je me suis dis : « on essaie et on fera le bilan dans un an ». Dans l’intervalle, avant la rentrée, j’ai passé des centaines d’heures sur la toile à me renseigner frénétiquement sur les méthodes, à m’approprier des outils, à rechercher des bons plans, des groupes de discussions et de rencontres. J’ai fait en quelques mois une auto-formation à l’école à la maison ! Et si je ne regrette pas d’avoir nourri ma passion (à la base, je suis attirée par les méthodes d’instruction), j’ai quand même frisé l’overdose et fini par renoncer à « tout savoir ». Ce fut salutaire 😉

A suivre….

NB : Si cet article vous a plu, n’hésitez pas à le commenter et à le partager !

2 thoughts on “POURQUOI J’AI CHOISI D’INSTRUIRE MON ENFANT EN FAMILLE

  1. Merci pour ce témoignage. Sortir des clous, assumer sa différence, connaître ses priorités pour soi, ses enfants, autant de choix et d’attitudes qui demandent maturité et courage. Nous avons tous besoin de lire que c’est possible.
    Bonne continuation.

    Zoé.

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