MON DEFI !
Asterisk Mon Défi : le Bilan
02/08/2019 Isabelle in MON DEFI ! / one comment

Le 1er novembre 2018, je me lançais un défi : écrire un roman initiatique. Je me fixais arbitrairement une date butoir, en estimant à la louche que j’en aurais pour 9 mois. En m’y appliquant régulièrement, ce délai me semblait réaliste : j’aurais pu faire plus court (un écrivain averti peut boucler son récit en 6 mois), et j’aurais pu évidemment faire plus long, d’autant plus qu’il s’agissait d’un 1er roman. Mais enfin, je choisissais cette échéance, en faisant le parallèle avec une gestation : 9 mois pour accoucher d’un récit initiatique, ça claque !

Voir mon article : MON DEFI : 9 mois pour écrire un roman initiatique

Mes progressions

Me voilà avec un constat objectif : je n’ai pas de résultat tangible à présenter. Mais je dirais que ce défi m’a servi de cap. Concrètement, j’y ai travaillé régulièrement, avec environ 3 séances par semaine.

Voir mon article : Roman : J + 5 mois

Et je me suis familiarisée avec  :

  • l’écriture libre, qui consiste à vider sur le papier (ou sur l’écran, en l’occurence) le réservoir d’idées qui nous traversent. Si cet exercice vous intrigue, j’en ai découvert les grandes lignes et l’intérêt à travers le livre de poche de Julia Cameron : Libérez votre créativité. Un livre efficace et motivant que je vous recommande !
  • la structure du roman : c’est la base : que vais-je dire, quel est mon plan détaillé, quel modèle reprend-il (le lecteur attend d’un récit qu’il réponde à des codes, qui sont autant de repères inconscients, et c’est à moi de faire en sorte que mes idées s’insèrent dedans). J’ai trouvé des clefs à la fois dans l’ouvrage de Fred Goddefroy Comment écrire des romans à succès, et dans les vidéos de Samantha Bailly.
  • l’exploration de ce que je porte, des idées susceptibles d’ouvrir sur un récit. Au final, j’ai dégagé des pistes, conscientisé ce que je veux vraiment partager, posé plusieurs plans (parce qu’en fait, j’aurais plusieurs récits en tête), commencé des bribes de chapitres, et me suis renseignée sur la manière dont les autres procèdent. J’ai donc vécu dans ce bain d’écriture de roman. Et j’ai bougé intérieurement ; mon défi reste intact.

Mes freins

Pourtant, le temps et la méthode ne convenaient sans doute pas totalement. 

Le manque d’échanges

Quand je me remets en question sur ce projet sinon avorté du moins repoussé, je reconnais que j’ai manqué d’échanges, et d’un mentor. J’ai bien lu des livres, regardé des vidéos, été en immersion pendant plusieurs semaines. Mais ça n’est pas comparable à l’impulsion que peut donner la discussion avec quelqu’un qui partage le même objectif ou qui est passé par là. 

Les périodes de creux

Sans compter les à-côtés, ces périodes où mon défi n’a plus été mon objectif principal (pour ne pas dire que je les relégué aux oubliettes). Est-ce que je n’ai pas été à fond ? Probablement. D’autres auraient sans doute maintenu leur rythme et leur volonté. Je l’aurais peut-être fait en ayant un binôme d’écriture. En tous cas, je reconnais que j’ai perdu de vue mon objectif, avec la dégringolade de motivation épisodique corolaire ! 

Et je passe rapidement sur les inéluctables périodes de procrastination : à savoir quand je me suis dit (très fort) que j’allais m’y remettre, que j’allais trouver l’idée du siècle, que c’était en court, que j’y planchais en toile de fond, même si, concrètement, je n’étais pas derrière mon ordinateur. Certes, pour écrire, on dit souvent qu’il faut aussi « vivre », qu’il y a des moments où l’expérience prime, la relecture et l’écriture venant après. Mais il y a aussi des moments où l’on pourrait écrire, où toutes les conditions sont réunies, et où l’on diffère le travail, en se convainquant qu’on a raison ou que c’est inéluctable. Entre les deux, la frontière est ténue et… le résultat clôt ces tergiversions. Car que les raisons soient bonnes ou non, il s’agit de reprendre un rythme constructif

Une révélation

Partager une vision intime, personnelle

Si j’avais une lumière à garder, je dirais que j’ai découvert un élément essentiel, qui vous paraîtra peut-être banal :  mon récit ne sera unique et donc intéressant que s’il traduit une vision intime, personnelle. Même si mes observations et réflexions recoupent des observations et réflexions qui ont déjà été faites, même si elles naissent en m’inspirant d’observations et de réflexions que d’autres ont fait avant moi. Dans tous les cas, ma crédibilité, mon engagement et le sens que je vais trouver dans l’écriture dépendent de l’expression d’un propos qui m’apparaît personnel, et donc qui m’enrichit, ouvre mon esprit, me permet de prendre du recul. Je ne peux et je n’ai de valeur que si je parle en propre.

Ca ne veut pas dire qu’il ne faille pas rentrer dans les codes du genre littéraire. Mais je veux éviter les propos attendus, qu’on écrit là parce que d’autres les auraient mis là, pour « faire écrivain » comme on ferait des mondanités, de sorte qu’on reste à la surface de moi-même.

Noter au maximum ce qui me touche

La clef, d’après moi, est dans le fait de noter ce qui me touche, même rapidement, en quelques mots dans un calepin, pour le fixer et pouvoir le développer plus tard. Noter ce qui me touche et uniquement ce qui me touche. Ce regard croisé, celui là et pas un autre ; tel détail dans un habit ; cette opinion devant l’actualité, telles attitudes ; ces faits qui se répètent, ces rapprochements qui se font en fonction de mon vécu. Toutes ces observations sont le terreau de mon futur récit.

Je me replonge donc dans mon défi, sans échéance, mais en renouvelant ma volonté d’y parvenir et aussi, c’est nécessaire : mon souci de trouver les bons moyens pour y parvenir.

Défi à suivre donc…

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One comment on “Mon Défi : le Bilan

  1. Bravo Isabelle, même pour rédiger un tel article il faut du recul, un retour sur soi, du temps pour décanter. Quoi qu’il arrive, tu as cette fibre didactique et introspective qui fait de toi un vrai coach.
    Je souhaite que tu trouves ce mentor qui te manque pour ce défi. J idée qu’il n’est peut etre pas si loin …
    Au plaisir de te lire à nouveau.
    Sophie

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