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Asterisk Foncez lire des livres pratiques !
Le 29/10/2018 par Isabelle

Dans notre chère nation, lorsque le petit d’homme commence à déchiffrer, on lui fait lire des histoires. Pour l’attirer, lui donner envie de connaître la suite et donc l’amener peu à peu vers une lecture fluide en prenant le plaisir pour tremplin. C’est une méthode pleine de sagesse et loin de moi l’idée de la remettre en cause *. Plus tard, le jeune lit des énoncés, des manuels, il déchiffre les panneaux : il a une lecture plus utilitaire, même si on l’ouvre aussi à tout type d’oeuvres de fiction. Mais à aucun moment de son cursus, on ne va me semble-t-il (démentez-moi en commentaire ;-)) lui proposer en lecture suivie un ouvrage qui lui permette d’apprendre une nouvelle matière par lui-même, de A à Z. Ce que j’appelle les livres pratiques et dont j’aimerais vanter ici les mérites ! 😉

Des livres en “comment”

Exemple de livres pratiques : comment devenir père ?

Molière…? Vous avez lu j’imagine ! Le manuel de physique de 4ème ? Aussi bien sûr, au moins les pages obligatoires. Mais qu’en est-il de : « Comment faire une maquette ? Organiser une réception. Apprendre le chant lyrique. Rénover sa maison. Ou élever son enfant » ? Ca, si aujourd’hui vous savez le faire, c’est que vous l’avez appris « à côté » de l’école. 

A quoi bon initier les enfants à la lecture de livres pratiques ?

Certains diront que « ça ne regarde pas l’école », c’est de l’ordre de la passion. Cependant, force est de constater que la plupart du temps, c’est lorsqu’une personne cultive cette passion qu’elle se sent satisfaite de sa vie, qu’elle perçoit sa valeur ajoutée, et c’est même plus souvent qu’on ne le croit, ce qui la pousse vers un métier ou qui fait la différence lors d’un entretien d’embauche… Sur le marché du travail, avoir une passion fait la différence !

D’autres diront que ceux sont « des choses qui se transmettent » : qu’il faut qu’un connaisseur vous initie. Et encore une fois, je ne me permettrai pas de contester la voix du bon sens. Mais il arrive que parfois, on déchante et on se dit qu’au fond, on n’est jamais mieux servi que par soi-même, et que la prochaine fois, on apprendra en furetant sur le net ! 

Preuve qu’on sent quand même que dans tous ces apprentissages qui se font en dehors de l’école ou à l’âge adulte, ce qui nous plaît, c’est d’apprendre par nous-même. De suivre un désir, d’explorer, de tester, de se réajuster en ayant le résultat pour seul arbitre et la fierté comme récompense.

Ce processus, si sain, n’est-il pas un modèle d’apprentissage ? N’y aurait-il pas alors de l’intérêt à l’intégrer d’une manière ou d’une autre dans l’instruction ?

On apprend bien ce pour quoi on éprouve de l’intérêt

On le sait bien : on retient bien ce qui nous plait. Et cela nous plait car on y voit un intérêt. J’ai déjà parlé de l’énorme avantage qu’ont les gens qui ont cultivé la curiosité depuis leur plus âge (ou dont la curiosité naturelle n’a pas été étouffée par l’exigence de rentrer dans un moule). 

Je voudrais rappeler maintenant que lorsqu’on sait pourquoi on apprend quelque chose, et qu’on a
vraiment choisi de l’apprendre
, ce qu’on apprend a tendance « à rentrer comme dans du beurre », comme dit l’expression. Même si c’est du chinois ! Parce qu’à la clef, il y a l’usage qu’on va en faire, l’intérêt qu’on a à l’intégrer au plus vite pour pouvoir agir dans le sens que nous voulons vraiment.

De quoi ai-je vraiment envie ?

Cette question de « ce dont on a vraiment envie » est donc cruciale, c’est un moteur puissant d’action et de joie de vivre.

Mais elle pourra paraître ahurissante à certains. Car beaucoup d’entre nous passent leurs journées à courir et n’aspirent qu’à une chose : avoir « un peu de temps pour eux » qu’ils combleraient aisément avec tout un tas d’activités en attente.

Mais il existe, et c’est une réalité, une forte proportion de la population qui a du temps, beaucoup de temps, mais se sent démunie et sans ressort : ne serait-ce que les retraités, les chômeurs, les femmes qui ont élevé leurs enfants lesquels ont grandi et qui se retrouve sans activité et parfois en décalage par rapport aux exigences du marché du travail. On pourrait aussi éventuellement inclure certains adolescents qui n’ont pas d’activités extra-scolaires ni l’envie de traîner à tout prix avec un groupe pendant des après-midi entières. 

Dans tous les cas, ceux qui s’en sortent le mieux sont ceux qui se posent cette simple question, sans aucun jugement sur la réponse : de quoi ai-je VRAIMENT envie ? Qu’est-ce que je voudrais VRAIMENT faire ? C’est « la » petite question qui met en mouvement, pourvu qu’on la laisse « tourner » quelques temps dans sa tête. 

Défricher et laisser venir

Si cette question vous interpelle, je vous invite à laisser passer quelques jours, puis à mettre par écrit toutes les idées qui vous viennent à ce sujet : barrières intérieures, sentiments ambivalents, mais aussi envie profonde et idées de solutions pour la réaliser. Prendre une feuille et mettre à plat ses idées met en route le cerveau. Après cela, laissez infuser quelques temps et constater où vous en êtes et ce que vous pourriez faire enfin, pour vous !

Car la réponse est tapie derrière quelque part en vous, derrière un masque social, des attentes sociétales, de trop nombreuses exigences intériorisées, et -soyons clair- plus souvent qu’on ne le pense : un auto-sabotage par principe. 

Passer à l’action

Une fois qu’on s’est découvert une envie de jardiner, de coudre, d’apprendre la guitare, le japonais, l’écriture ou l’électricité, on n’est pas plus avancé si on reste là ! 

Certains trouveront à 50m de chez eux un club de guitare ou un voisin pour les initier. 

D’autres rejoindront un groupe Fb et achèteront la méthode Duolingo. 

D’autres iront chercher un MOOC ou une vidéo youtube 😉 

Mais il existe aussi un moyen très simple de commencer, connu de nos grands-mères, c’est de chercher des livres sur le sujet. Des livres… pratiques ! Des livres écrits par des gens qui ont atteint un stade d’expérience suffisant pour être capables de formuler et de déployer clairement leurs idées. 

Les avantages du livre sur tout autre support

D’abord le livre, s’il a été publié, l’a été parce qu’un éditeur a jugé que l’auteur était suffisamment expert dans son domaine. En général, la source est assez fiable. Et si elle ne l’est pas, les critiques ne manqueront pas de le relever. Qu’il s’agisse de critiques journalistiques pour les ouvrages les plus connus, ou de commentaires de lecteurs comme on peut en voir à foison sur Amazon par exemple.

Ensuite, le livre comprend un sommaire ou une table des matières. On perçoit donc immédiatement le fil rouge de l’auteur, son intention. Ce qui nous permet de nous approprier sciemment le contenu mais aussi de ne piocher « que » ce qui nous intéresse. On peut cibler un chapitre et délaisser le reste. 

Enfin, le gros avantage du livre pratique sur tout autre support est selon moi le gain de temps : un auteur a rassemblé en quelques centaines de pages le meilleur de ses recherches sur le sujet. Et pour peu qu’on soit habitué à une lecture rapide, qui scane l’information, on peut très rapidement intégrer la pensée d’un expert.

Le résumé, c’est encore mieux ?

Si l’optique est d’aller à l’essentiel en lisant des livres, on peut se demander si l’on ne gagnerait pas encore plus de temps en ayant « juste » la synthèse du livre, avec ses idées phares ? Car on sait bien que sur les quelques centaines de pages d’un livre pratique, il y a encore beaucoup de redites… et encore plus si l’auteur a une pensée circulaire, c’est-à-dire qu’il développe sa pensée en la survolant une première fois puis en creusant de plus en plus. Cette manière de faire permet de capter l’attention du lecteur avec des idées simples et accessibles au début, ce qui le met en confiance, puis de l’amener peu à peu vers la complexité.

On comprendra l’intérêt d’une application comme Koober qui propose des résumés de livres pratiques. Mais on comprendra aussi qu’il s’agit d’un « premier aperçu » et que quand le sujet nous intéresse vraiment, il est toujours intéressant d’aller se forger sa propre opinion en allant à la source.

Et vous, comment avez-vous appris ce qui fait aujourd’hui votre passion, votre valeur ajoutée ? Avez-vous lu un livre qui vous a initié ?

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