COMMENT LE VOYAGE A CHANGE MA VIE !

Hé oui, chez moi aussi, il y a un « avant » et un « après » le voyage. Il faut dire que mon mari et moi nous sommes jetés de suite dans la cour des grands : la vie nomade.

 

LA VIE NOMADE KESAKO ?

Vie nomade, pour vous, ça rime avec « caravanes de Bédouins » et « Préhistoire avant l’agriculture » ? Bon alors, c’est pas tout à fait ça, mais l’idée est là. Depuis quelques années, on voit émerger sur la toile des expériences un peu fada de personnes qui ont tout quitté pour vivre en voyageant. Oui, vous avez bien lu : faire du voyage un mode de vie. Sans date de retour.

 

TOUT QUITTER ?

Tout quitter oui, ou au moins :

son logement

-… et son travail « fixe »

 

PARTIR… AVEC QUI ?

Et bien sûr, les enfants s’il y en a, sont de la partie, aussi bien les ado que les tout petits !

Car on peut partir seul, en couple, entre amis, en famille… et même avec ses animaux de compagnie : on a vu des chiens aussi nomades que leurs maîtres !

 

COMMENT PARTIR ? QUELS TRANSPORTS ?

Spécial dédicace pour mon petit bonhomme, passionné de trains !

La solution la plus évidente reste : avec ses pieds, sac au dos, en utilisant les transports en commun. La plupart du temps en faisant des sauts de puce en avion puis en utilisant les bus, les trains, et en louant si besoin une voiture.

Cela permet d’aller plus loin, plus vite. De se sentir léger (même si un sac de 50 litres, à porter au quotidien, ça peut être lourd ;-)). De partir sur un coup de tête si on veut, et tout aussi bien de revenir au point de départ dans les 24h.

Mais on a vu aussi plus économique et écologique comme de miser à 200% sur la marche ou le vélo.

Ou même de partir avec un âne qui porte les bagages. On voyage lentement (mais quand on n’a pas de date de retour, est-ce vraiment un problème ?), on prend le temps de savourer le trajet, les rencontres, la vie qui s’écoule.

 

Les familles en général apprécient le camping car ou assimilé. Un « chez eux », un repère particulièrement apprécié des enfants.

Ou ils partent carrément en voiture (certaines ont le toit  qui se déploie), comme Raised on the Road.

 

PARTIR, MAIS OU ?

Quand on dit « partir », on pense tout de suite à « très loin ». Mais quand on part de France, on a déjà à portée de pédale ou de pneus quelques perles à visiter. On peut passer un an à visiter les pays limitrophes. Ou à faire le tour de notre pays !

 

Et aviser après !

On peut partir en voiture et remorque, le revendre pour acheter un camion aménagé, comme les six en piste.

Ou on peut opter pour le camion aménagé pendant un temps, et se rabattre… sur la voile. Passer de la terre à la mer, comme les Dacaluf.

On peut faire un 1er Tout du Monde sac au dos, investir ensuite dans un van pour faire un tour de France… et changer à nouveau, comme Ma Famille voyage, qui est résolument nomade !

Tout est possible ! Avec des pauses, une expatriation, des retours.

 

ET CONCRETEMENT, COMMENT JOINDRE LES DEUX BOUTS ?

Là encore, les possibilités sont nombreuses. Certains (la plupart) ont fait quelques économies et ont ainsi un capital de départ, une somme qui permet de se lancer. Le saut reste impressionnant, mais on a un filet.

Ceux qui sont propriétaires vendent leur logement ou le mettent en location et font le choix de vivre dans des pays où le coût de la vie est moindre, de sorte que les dépenses n’excèdent pas les rentrées d’argent.

D’autres ont une activité professionnelle adaptée. Soit qu’ils aient obtenu d’être en télétravail. Soit qu’ils soient indépendants. On voit beaucoup de travailleurs du web dans cette situation : développeurs de site internet et rédacteurs web. Leur travail leur laisser la liberté de bouger. Et pour peu qu’ils vivent dans des pays d’Asie par exemple, ils peuvent même faire quelques économies.

Les plus tenaces parviennent à faire du voyage leur business à force de communication. Ils font rêver les autres, et ça paye !

Il existe aussi une niche pour les moins de 30 ans eux qui peuvent prétendre à un visa qu’on appelle « vacances-travail » : cela leur permet de travailler pendant un an dans des pays de rêves, comme la Nouvelle-Zélande. La transition est cependant plus difficile quand on veut poursuivre l’expérience. Il faut parfois repartir dans des études à côté des petits boulots qui sont déjà très prenants.

Il existe encore des combines à la mode : le woofing, aider dans les fermes contre le logement et la nourriture, ou de garder des animaux domestiques pendant que leurs maîtres sont en vacances (petsitting). L’accueil gratuit chez l’habitant se développe aussi peu à peu (couchsurfing). Autant de système D qui payent à partir du moment où on est prêt à composer avec les hôtes, à travailler dur et à vivre une certaine dépendance.

 

QUELQUES TESTS AVANT LA VIE NOMADE

Quand je dis qu’on s’est lancé tête baissée dans la vie nomade, c’est oublier que nous avons passé plusieurs étés à vadrouiller dans le nord de l’Europe. Départ en voiture depuis la France, et nous allions où bon nous semblait pendant un mois. Nous préparions l’itinéraire en amont et réservions des logements via airBNB. Nous avons découvert, année après année, différents coins, de différentes manières. Nous alternions entre ville et campagne. Louant en général un logement pour une semaine dans les alentours de la capitale (Copenhague, Stockholm, Oslo) et rayonnant autour. Mais nous avons aussi testé l’itinérance pure, avec des stop de 2 nuits max. Nous dormions dans des appart, des chalets, des auberges, chez l’habitant. Et nous passions beaucoup de temps en voiture, à voir défiler les paysages. Notre petit bonhomme, qui a commencé ces voyages là dès ses 3 mois, en a un goût prononcé.

Et c’est sur les longs rubans de route de Laponie que nous avons eu le déclic. Quelques jours avant, alors que nous faisions une randonnées dans les îles Lofoten, nous avions rencontré un jeune vivant dans une camionnette aménagée. Le courant était bien passé. Nous avons sympathisé, et cette rencontre nous a fait cogiter. Jamais auparavant nous n’avions envisagé la vie nomade. Mais rencontrer quelqu’un qui la vivait (avec ses hauts et ses bas), rendait la chose concrète. Nous qui avions des rêves d’ailleurs, d’une vie différente, loin de la France, en Scandinavie peut-être, nous rencontrions quelqu’un qui offrait une alternative à la classique expatriation.

Nous roulions depuis des heures donc, entre Kiruna (base de lancement de fusées en Suède : Fiston voulait absolument faire le détour) et Rovaniemi  en Finlande (où le Père Noël a ses quartiers, si si, je vous assure). Des pins bordaient la route, de part et d’autre. Nous étions tombés nez à nez avec un renne le matin même : couleur locale. Pour nous occuper, nous avons commencé à échafauder des plans, à envisager de partir nous aussi, sans date de retour, d’une manière ou d’une autre. L’idée a tout de suite suscité « une petite flamme ». Un rêve venait d’émerger, et des milliers de possibilités s’ouvraient à nous, juste en en discutant.

Nous nous sommes donnés un an pour le mettre en place.

 

UN AN DE REFLEXION

Et de retour dans notre train-train quotidien, les choses n’étaient plus tout à fait les mêmes. Nous avons fureté sur le net, à la recherche d’expériences, de tuyaux. Nous avons commencé à suivre des youtubers, à rejoindre des groupes Fb dédiés. Et dans le « comment vivre ce rêve », mon mari a découvert le développement web, la possibilité d’exercer un métier très demandé, très stimulant aussi, de partout dans le monde. Nouveau déclic, nouveau challenge. Il s’est lancé dans les études en plus de son travail. Le rêve devenait partie intégrante de notre réalité.

Mais plus les mois passaient, plus quelque part, nous nous voyions plutôt sur une perspective de deux ans de préparation. Les barrières mentales, rationnelles, reprenaient le dessus. Il fallait être sûrs de nous, de cette reconversion professionnelle. Et qu’allions-nous choisir comme mode de transport ? Notre petit bonhomme rêvaient en regardant en boucle la vidéo d’un « camion château » : un camion totalement ré-aménagé qui, à l’arrêt, se déployait avec une tour pour les toilettes, et une autre pour la douche !

 

Fin mai 2017, nous avons eu une opportunité à saisir. Nous n’y pensions plus, et le contexte nous a botté le train. Nous avions l’occasion de quitter logement et travail dans les meilleures conditions. Après une semaine de discernement, nous avons choisi le grand saut, sans regret. Et une vie nomade qui pour débuter, serait la plus simple qui soit : partir sac au dos en Asie et Océanie.

Nous avons listé les pays que nous souhaitions visiter.  Et s’en sont suivis 3 mois de préparatifs non-stop. Faire la paperasse, vider le logement, revendre le maximum, établir un budget prévisionnel, un itinéraire approximatif. Lancer une « mini com » autour de notre projet. Mon mari prévoyait de terminer sa formation de web developper tout en voyageant. Je devais assurer de mon côté l’école pour notre fils qui avait 6 ans (jamais scolarisé, une autre aventure à part entière…). Et j’envisageais de reprendre la rédaction (j’avais travaillé dans le journalisme dans une vie antérieure…).

 

LE CONCRET DU VOYAGE

En réalité, nous avons tout découvert d’un coup : dépaysement, cadence de la vie itinérante (les 2 premiers mois, nous restions en moyenne 3 jours à un même endroit), aléas de la communication (mon mari s’éclatait à faire des vidéos, mais cela lui prenait énormément de temps).

TROUVER L’EQUILIBRE DANS LE NOMADISME

Nous avons vécu en septembre 2017 en Corée du sud, en octobre au Japon. Et alors que nous devions rejoindre l’Asie du sud est dans la foulée, nous avons finalement opté pour la Nouvelle Zélande, un pays que nous rêvions de revoir. C’est là en effet que nous avions passé notre voyage de noce… et conçu notre petit d’homme ;-). La Nouvelle-Zélande est un pays coooool. Développé, avec beaucoup de nature, un air pur et vivifiant. Mais aussi des paysages somptueux et si divers : du Bush, une forêt tropicale, aux montagnes et à la comté du Seigneur des anneaux, en passant par les geysers et les plages aussi désertes et sauvages qu’au temps des 1ers explorateurs ! Et par-dessus tout, les néo-zélandais sont des gens qui ont un état d’esprit positif, ouvert, détendu. Si loin de nos prises de tête à la française. Nous avons pris tout le temps nécessaire pour explorer le pays, en louant une voiture et des maisons à la semaine. Ca n’était sans doute pas le voyage le plus économique (quoique la location de van en Nouvelle-Zélande soit  devenu un tel buiseness que le prix de la location à la journée – 100 dollars NZ- soit à peu près équivalent à la location d’une voiture et d’un logement). Mais nous avions ainsi un « chez nous » confortable, avec une connexion internet permettant de travailler, de se poser, de relire les premiers mois de vadrouille.

Nous avons passé presque deux mois là-bas. En profitant de la vie. En ayant des activités locales, pas forcément touristiques. J’ai adoré aller juste à la bibliothèque pour enfants ou au square. Refaire trois fois la même ballade dans la semaine parce qu’on l’appréciait bien. Papoter avec les voisins comme si on était vraiment installé là.

Il y a eu, dans cette vie « à la néo-zélandaise » et en même temps complètement nomade (nous bougions tous les 7 à 10 jours), la possibilité d’intérioriser une culture. Et quand nous nous en rappelons, chaque jour a sa teinte. La variété ET le fait de prendre le temps juste de vivre, ont ancré les souvenirs. Je crois que le secret est là.

 

COMME UNE MINI-EXPATRIATION

Nous avons ensuite passé trois semaines à Tahiti. Nous avions loué une maison dans le village le plus éloigné de Papeete. Nous étions au bout du bout du monde. Nous étions posés, vivant auprès des Tahitiens. Commençant à reconnaître les commerçants, à discuter avec les voisins, à connaître les « trucs » pour bien vivre. Nous avions le lagon en face de la maison. Et des heures de vie tranquille devant nous. Un tout autre rythme. Un tout autre climat aussi (nous étions en pleine saison des pluies, la chaleur était pesante, des déluges d’eau tombait parfois pendant plusieurs heures). Nous avons goûté, en 3 semaines, à une mini-expatriation. Un avant-goût, assez en tous cas pour que cela reste, qu’on reparte transformés par une atmosphère, avec des souvenirs actuels : j’entends par là qu’en un instant, aujourd’hui, 1 an après, je peux être totalement replongée dans cette ambiance. C’est logique ? Banal ? Peut-être. Mais pour moi, c’est la saveur inoubliable et profondément transformante du voyage.

 

LE COTE GRISANT -ET PARFOIS FLIPPANT- DE REPARTIR DANS UN AUTRE PAYS

Puis nous avons opté pour un retour en Asie du sud-est. L’excitation était de nouveau là. C’était « le » bon moment pour repartir. Nous avons fait escale en Nouvelle-Zélande, retour en arrière, mais quelle joie ! Puis à Honk-Kong dont nous avons perçu la tonalité propre, même en y restant que 4 jours.

Je retiens pour ma part l’arrivée au Vietnam, à Hanoï comme un cataclysme intérieur, un choc culturel. Sans doute parce que nous arrivions de nuit. Et parce que pendant 5 minutes, en sortant du taxi, j’ai eu la peur de ma vie : alors que nous sortions les bagages, notre fils est parti seul, en zombie à moitié réveillé, dans la direction opposée à notre logement. Où était-il ? Tout se ressemblait. Nous errions à sa recherche. Des gens étaient garés là et auraient pu l’avoir kidnappé ! Nous tâchions de poser la question mais nous ne nous comprenions pas !! Enfin, une veille dame est arrivée, le tenant par la main. Dieu merci ! Je découvris plus tard qu’étant dans un Condo, nous étions environnés de familles, toutes bienveillantes. Et qu’effectivement, tout se ressemblait : les mêmes barres d’immeubles, le même square dupliqué tous les 50 mètres ! Je crois que cette émotion si intense a quelque part aussi contribué à marquer ma mémoire au fer rouge. Là encore, en une seconde, tout est là vivant, en moi. Et tous mes sens sont conviés.

 

DES SOUVENIRS « VIVANTS »

On parle beaucoup de visualisation pour rendre un rêve possible. On imagine ce qu’on veut atteindre, et on tâche de ressentir dans le détail l’état dans lequel on se trouverait si on parvenait à l’objectif qu’on se fixe. Et cet exercice contribue à faire exister la réussite dès maintenant. Et bien je crois qu’avec un voyage aussi fort en émotions, aussi varié dans les environnements traversés, et aussi avec à chaque fois cette question : « est-ce que nous voudrions nous installer ici ? », je crois que nous avons contribué à faire de ce voyage au long court une expérience existentielle, transformante, initiatique.

Par la suite, nous avons hésité à rester au Vietnam au-delà du visa de 15 jours ; nous avons finalement opté pour la Thaïlande, et le contraste nous a plongé dans une forte insatisfaction (trop de personnes intéressées, axées uniquement sur l’avantage économiques qu’elles pourraient tirer de notre contact), avant de rejoindre le Cambodge, qui nous a tant touché par la gentillesse, l’ouverture et l’élan de ses habitants. Entre temps, nous avons envisagé l’émigration en Nouvelle-Zélande ; nous nous sommes frottés aux exigences concrètes de l’installation. Et cela a encore contribué à faire de ce voyage une expérience vitale.

 

RETOUR ?

Pour finir (mais le mot « fin » serait réducteur !), nous sommes finalement rentrés en France. Retour à la campagne. A priori, retour à zéro, voire à -10, pour ceux que notre expérience troublait au point de la dévaluer et de n’en peser que les risques. Mais ce serait oublier l’aspect fondateur d’une telle tranche de vie. On peut passer 6 mois, un ans, 10 ans de sa vie dans un rythme plan-plan, sans se remettre en question, sans évoluer fondamentalement. Le quotidien permet ça à celui qui a globalement tout pour vivre. Mais quel est le potentiel de vie derrière ? L’enthousiasme ?

Je suis de ceux qui croient profondément à l’extraordinaire dans l’ordinaire. Et ceux là, qui vivent une vie banale en apparence, mais profondément vivante de l’intérieur, ont tout à fait compris la force de notre démarche. Et ce qu’on peut en tirer, même en revenant à la case de départ, voire avec quelques points de suture ! Car oser partir, oser la remise en question radicale, ne peut être qu’un point de départ d’une nouvelle vie, d’un nouvel état d’esprit. Il y a une force dans cette quête, difficilement perceptible pour ceux qui se sont enfoncés dans la fatalité de leur existence. Ceux qui jaugent la réussite d’une vie en fonction de cases pré-définies.

Aujourd’hui, cela fait 7 mois que nous sommes revenus en France et nous sommes toujours en mouvement, au sens d’un déplacement intérieur avec des projets et le sentiment d’être de plus en plus « soi ».

La route est toujours ce long ruban qui se déploie entre Kiruna et Rovaniemi, avec l’élan, l’inspiration du début, le sursaut du Renouveau et de la Liberté !

J’espère que mon blog, avec ses Parenthèses Inspirantes, donnera à beaucoup d’autres cette impulsion intérieure qui provoque au changement, et à vivre ses rêves !

Bien à vous,

Isabelle

Si vous aimez cet article, je vous remercie de laisser un commentaire ou de le partager sur Facebook.

Pour être tenu au courant de mes publications, abonnez-vous à ma page Fb !

 

One thought on “COMMENT LE VOYAGE A CHANGE MA VIE !

  1. Magnifique relecture d’une aventure personnelle si dense. Merci pour ce voyage, pour ces réflexions qui nous incitent à un voyage intérieur si nous nous en donnons la peine et prenons notre courage à deux mains comme vous. Bonne continuation dans l’exploration de vous-même.
    A vous lire à nouveau,

    Zoé

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *