S'ORGANISER
Asterisk Comment éliminer la charge mentale ?
15/12/2019 Isabelle in S'ORGANISER / No comments

La charge mentale est à la mode. On en parle, on s’en plaint, on cherche à s’en libérer… et tout ça en vain. D’un point de vue psychanalytique, on en connaît pourtant la cause : la charge mentale est cette pression qu’on s’impose de tout bien-faire, mêlée à notre tendance à nous donner à fond, et à ces dix milles détails qui ponctuent la vie domestique, en plus de nos carrières professionnelles.

On a donc touché aux racines : il y a trop à faire, et ça nous stresse. On a aussi touché aux responsables : les hommes, d’abord, qui n’en font pas assez à la maison (c’est en tout cas ce qu’on nous serine dans les médias).

Le tableau est complet ; pourtant au final, on n’a pas plus de solution. Et ça nous ronge. Et ça conduit à bien des burn-out, et à bien des séparations, ce qui n’arrange rien. Alors éliminer la charge mentale, tu parles, c’est un peu utopique… Et bien moi, je vous assure que non. C’est possible. Démonstration.

D’où vient la charge mentale ?

Je veux dire : d’où vient ce terme ? Parce qu’à la racine, il y a la langue, et les mots qu’on emploie nous façonne. Si je parle en « il faut »,  je vivrais ma vie comme un devoir. Si je ne vois que des problèmes, je passerais ma vie à chercher des solutions. Si j’anticipe constamment ce qui n’ira pas, je glisserai d’instinct vers cette voie.

Le rapport avec la charge mentale ? C’est tout bête : la charge mentale existe parce qu’on en parle, qu’on la valide, qu’on s’appesantie longuement dessus. Parce qu’on a transposé dans ce terme fourre-tout des réalités concrètes variées. La charge mentale, c’est un concept, complètement abstrait.

Je ne dis pas que le stress n’existe pas, je ne dis pas qu’il n’y pas une foule d’activités à accomplir à la maison en plus du travail, je ne m’intéresse même pas à « qui fait quoi » dans votre couple. Ce que je dis, c’est qu’en réalité, ce terme ne parle de rien, concrètement.

Par contre, il surfe sur nos besoins d’attention, de reconnaissance, de soutien. Il traduit nos émotions de ras-le-bol, notre impression de trop porter, et d’être débordées, et de manquer d’aide. Il colle avec une certaine perception de nos vies de femmes aujourd’hui. Alors on s’y réfère. On l’adopte en masse. Il fait consensus. On finit par le prendre comme postulat. Et… on n’interroge même plus sa pertinence.

Ca me dérange, pas vous ? 

Un mal contemporain ? 

Est-ce à dire que seules les femmes d’aujourd’hui souffrent de ce grand mal ?

Car autrefois, elles vivaient chez elles, et rien ne venaient troubler leur routine domestique ?

Si on y regarde de près -et contrairement à la couleuvre qu’on voudrait nous faire avaler- les femmes ont toujours travaillé, à part dans certains micro-milieux sociaux privilégiés, à certaines périodes très circonstanciées (en gros, le XIXème et le XXième siècle) ou éventuellement (et encore) lorsqu’elles avaient plusieurs enfants en bas âge.

Elles travaillaient aux champs, à la boutique, elles étaient en cuisine ou tenaient le métier à tisser, elles travaillaient au marché, à l’usine.

D’où tient-on qu’elles étaient calfeutrées à la maison et qu’elles se sont libérées après guerre ? De quelle sorte de femmes parle-t-on ? Sûrement pas des femmes en général, qui assuraient leur gagne-pain… et menaient parallèlement leur foyer avec de nombreux enfants et des tâches aujourd’hui déléguées aux machines. 

Je ne veux pas jouer au « avant c’était pire, arrêtons de nous plaindre ». Juste repartir des faits pour comprendre que ce n’est pas ce qu’il y a à faire qui crée la charge mentale, mais les conditions et l’état d’esprit dans lesquelles on les vit. Et le fait qu’on « croit » à la charge mentale.

La vie sans la charge mentale

Que serait votre vie sans la charge mentale ? Je veux dire : sans ce terme.

  • Vous auriez toujours un travail ou les moyens de vivre sans.
  • Vous auriez toujours une famille (c’est un peu le principe de base : la charge mentale est un truc de mère de famille).
  • Vous auriez toujours des activités à accomplir : certaines qui vous satisfont, avec différents degrés de satisfaction, d’autres plus désagréables, voire carrément ingrates.
  • Vous auriez toujours ou vous auriez eu un conjoint (là aussi, principe de base).
  • Vous chercheriez toujours comment vous dépêtrer de tout ce qu’il y a à faire.

Comment feriez-vous quand vous en auriez ras-le-bol ? Sérieusement ?

Comment feriez-vous pour vous en sortir ?

Qu’est-ce qui ferait que vous vous sentiriez mieux ?

Qu’envisageriez-vous pour ramener la situation à quelque chose de supportable ?

Les vraies questions amènent de vraies réponses

Avez-vous remarqué que le changement de questions conduit à un changement de perspective et donc de réponse ?

D’un côté, la charge mentale, qui conduit à porter un fardeau trop lourd ; à sentir l’absence de soutien ; à percevoir le « trop » et à le ruminer.

De l’autre : votre quotidien, des circonstances personnelles, pas d’amalgames ni de généralités, uniquement des faits et des questions concrètes et constructives.

Que faire quand on se sent exténuée, dépassée ?

Je peux reprendre une question générale comme base de réflexion. Mettons que vous vous sentiez au bord de la crise de nerfs. Que vous ayez effectivement l’impression aujourd’hui, dans votre vie, que vous avez trop à porter, trop à faire, et que vous n’y arrivez plus.

De quoi auriez-vous besoin, d’abord ?

Et quels moyens réalistes pourriez-vous employer pour y parvenir ?

L’une aura d’abord besoin de repos. Et son moyen réaliste sera peut-être de demander à ce qu’on la laisse faire la grasse matinée le week-end prochain.

L’autre aura besoin de calme en revenant du travail. Et son moyen sera peut-être d’aménager un battement d’un quart d’heure entre son départ du bureau et ses activités familiales.

La base est : un besoin est personnel, incompressible, il doit être satisfait ; un moyen est discutable.

Et si on en discutait ?

Avant la charge mentale, quand on traversait une période éprouvante, on cherchait un(e) confident(e), son conjoint ou un(e) ami(e), un membre de la famille. On exposait la situation, nos émotions. Ca nous soulageait.

Pourquoi en serait-il différemment aujourd’hui ? Quand ça ne va pas, on a d’abord besoin de l’exprimer. De mettre les choses à plat. Après seulement on peut en venir à une ré-organisation, à un aménagement possible.

Tout l’art est d’en discuter pacifiquement. En mode frontal, en prenant son conjoint comme punching ball, c’est perdu d’avance. Ca ne peut qu’engendrer frustration, crispation, colère renfrognée, de part et d’autre. Chacun s’enferme dans sa rancoeur et se confirme qu’il y a bien raison d’agir et de penser comme il le fait.

Or la notion de charge mentale, comme étant la part des femmes liée tacitement au manque de bonne volonté masculine, suscite une attitude revendicatrice à rebours de la communication constructive. Se plaindre, revendiquer, estimer qu’on est dans son bon droit et mépriser l’autre qui abuserait, est stérile.

Repartir des circonstances, exprimer ce qu’on ressent, poser des questions ouvertes, entamer un dialogue, nous permet d’avancer à deux et de traverser les périodes variées qui jalonnent une vie de famille.

Pour conclure

Pour éliminer la charge mentale, je vous conseille donc de bannir ce terme de votre vocabulaire ! Trop bateau, trop consensuel, il alimente les récriminations. Inventez plutôt une manière personnelle de décrire la situation que vous traversez aujourd’hui, maintenant précisément. Cela vous permettra d’avoir prise de dessus, de la relativiser, de prendre du recul, d’envisager des issues personnelles.

Alors, convaincu(e) ?

*Vous ressentez le besoin de faire un point sur votre vie pour y voir plus clair ? N’hésitez pas à me contacter : je lance mon activité d’accompagnement à distance (par Skype / Messenger) et propose donc un accompagnement GRATUIT sur plusieurs séances (dans la limite de quelques personnes) !*

Separator

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *