COMMENT COMMUNIQUER AVEC SON INCONSCIENT ?

Vous l’aurez peut-être remarqué si vous avez survolé d’autres articles de ce blog et-ou lu mon ebook, je suis fascinée par ce qui concerne l’Inconscient : cette partie de nous-mêmes où vivent nos plus grands désirs, et qui recèle des ressources insoupçonnées de créativité, mais aussi cette part d’ombre que nous souhaiterions la plupart du temps étouffer. Ce qui me fascine, c’est que tout soit là, à disposition : tout ce qui pourrait nous rendre profondément équilibrés et heureux si nous savions nous en servir.

 

NOTRE FONCTIONNEMENT A L’ETAT CONSCIENT

On parle d’état conscient quand on est réveillé et que l’on choisit ce que l’on fait. En effet on peut être réveillé et fonctionner « en automatique », comme quand se lave machinalement les dents.

A l’état conscient, nous employons des mots et notre raison. Nous réfléchissons de manière logique. Nous discernons avant d’agir.

 

NOTRE FONCTIONNEMENT A L’ETAT INCONSCIENT

L’inconscient se manifeste la nuit dans les rêves, mais aussi dans toutes les circonstances où nous agissons sans réfléchir : en automatique comme pour les activités machinales, mais aussi quand nous nous sentons dépassés par nos émotions. Et bien sûr dans toutes les activités de création.

 

LE LANGAGE PROPRE DE L’INCONSCIENT

Si le conscient est le domaine des mots et des limites de la raison, l’inconscient est celui :

  • des pulsions (émotions à l’état brut)
  • des souvenirs (avec tous les sens qui sont associés et qui donnent en un instant à une réminiscence un caractère parfaitement actuel)
  • de l’imaginaire (qu’il s’agisse des rêves les plus fous ou des cauchemars les plus terrifiants)
  • de tous les possibles

Dans son fonctionnement, l’inconscient est donc semblable à un enfant de moins de 7 ans :

  • Il vit toutes les émotions avec intensité, pour le meilleur (joie extatique) et pour le pire (peur panique)
  • Il ne distingue pas de frontière temporelle : pour lui, tout est actuel et sans fin
  • Il est à la fois complètement concret (il « est »là où il est, « dans » son corps) et pétri d’images (comparaisons, univers du fabuleux)
  • il se croit tout puissant, rien ne l’arrête, pas même le danger
  • Et bien sûr, pour lui, la vie est un immense terrain de jeux !

 


QUAND CONSCIENT ET INCONSCIENT SONT EN CONFLITS

Vers 7 ans, l’enfant devient de plus en plus capable d’intégrer les limites, des automatismes tels que la politesse, de différer ses envies, il comprend les demandes, peut entretenir une conversation avec un adulte et entre progressivement dans l’abstraction : il commence à lire, apprend des notions de plus en plus complexes.

Si tout se passe naturellement, l’univers de l’enfance s’évanouit doucement, il l’accepte car il devient « grand » et en tire assez de satisfaction.

Il s’habitue si bien à cet état rationnel qu’il peut en oublier le langage qui a été le sien pendant ses 7 premières années de vie. De sorte qu’il y a rupture complète entre le langage inconscient du tout petit qu’il a été, et le langage conscient des « grands ».

A certains moments pourtant, et particulièrement à l’adolescence, le jeune est traversé par des tempêtes intérieures. Cette intensité soudaine d’émotions, assortie de réminiscences confuses, d’images étranges, le plonge dans une perplexité destabilisante. Instinctivement, s’il reste seul avec ces impressions, il va mêler un intense sentiment d’être incompris et un paradoxal rejet des autres, une volonté farouche de s’en sortir par lui-même et l’attente tacite et ardente d’une intervention d’autrui qui viendrait le sauver, une forte affirmation identitaire à l’extérieur et une paradoxale fragilité intérieure.

Si ce vécu interne ne trouve pas d’interlocuteur stable et rassurant, il va se cristalliser à l’âge adulte, avec des moments rationnels où tout semble être maîtrisé, et des moments où le cadre explose, où la personne se sent à nouveau dépassée : elle ressent des émotions intenses, sent confusément qu’elle n’est plus tout à fait présente à ce qui se passe réellement mais qu’elle revit plutôt une scène passée. Il en résulte un comportement inadapté et un sentiment profond de malaise, voire de souffrance.

 

LE MALAISE, SIGNAL D’ALARME DU CORPS

Ce malaise ressenti est comme un SOS, le signe que quelque chose attend d’être intégré. C’est la crise en vue d’un mieux. Un simple réajustement nécessaire.

Le corps réagi, lui qui est comme le partenaire privilégié de l’Inconscient. Si l’enfant a grandi et a oublié sa manière de communiquer jusque là, le corps lui, en a la mémoire.

C’est pourquoi, il est si important d’être attentif à l’inconfort ressenti, pour explorer ce qu’il signifie.

Première étape donc, pour rentrer en relation avec son Inconscient : écouter les perceptions de notre corps.

 

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La deuxième étape en découle : lui poser la question du sens. Oui la question à son corps ! Pourquoi est-ce que je ressens un malaise ? La question est posée avec des mots (langage conscient), mais manifeste un intérêt pour l’Inconscient, en admettant de ne pas tout savoir, et en étant curieux de la réponse.

Deux dispositions sont nécessaires. D’abord poser la question en croyant vraiment que l’Inconscient est là pour nous aider et veut notre Bien. Et que la réponse nous conviendra parfaitement, qu’elle nous permettra de mieux nous connaître et de nous sentir mieux. Ensuite en émettant l’intention de l’accueillir complètement.

A partir du moment où la question est ainsi posée, un pont se crée.

La réponse va venir naturellement, d’une manière ou d’une autre, plus tard. Ou maintenant.

 

SE METTRE A HAUTEUR D’ENFANT DU PETIT ENFANT

Mais sachez que la réponse va surgir en « langage d’Inconscient » : par une image fixe, un rêve à décoder, une association de souvenirs combinée à des émotions intenses et peut-être à des sensations corporelles.

 

Pour le saisir, dites-vous que la réponse va être celle du tout petit. Pas une explication rationnelle avec des mots, mais un fourre-tout de messages fondamentaux, de sensations fortes, de vie à l’état brute.

 

Dans tous les cas, à la racine, il y a le tout-petit attachée à sa maman, nostalgique de la vie intra-utérine et d’une complétude d’amour. S’il y a des blessures, des peurs traumatisantes, une part d’ombre tétanisante, tout cela est « juste » lié au besoin d’amour inconditionnel. Besoin d’être rassuré, compris, rejoint, encouragé, apprécié pour sa valeur.

 

LE VRAI PONT SE FAIT QUAND…

Le vrai pont a lieu quand l’adulte en soi, doué de raison et d’expérience, vient rejoindre la blessure du tout petit de manière parfaitement ajustée : oui, de la manière que le tout-petit attendait. Vous êtes le seul à savoir exactement ce qu’il attendait dans cette scène, à ce moment là précisément, ce moment si mal vécu, qui a provoqué tant de mal-être. Souvenez-vous, regardez, comprenez, et donnez lui en imagination (puisque c’est son langage) ce qu’il attendait : des bras pour le bercer, une parole réconfortante ou stimulante, une écoute attentive et compréhensive, une aide,…

Vous qui êtes adulte, vous savez maintenant que un tel ou un tel, qui s’occupait de vous à l’époque, n’a pas su, n’a pas pu sans doute aussi, donner ce que vous attendiez. Cette immense douleur subjective est contre-balancée par la conscience d’adulte qui sait quel a pu être l’état d’esprit du parent à cette époque, son propre vécu subjectif, ce qui a pu l’amener à agir ainsi, de manière inadaptée et blessante.

C’est le fil ténu qui nous relie tous : êtres en attente d’amour inconditionnel, blessés de ne pas le recevoir, tâchant de vivre au mieux avec ça.

Vous savez maintenant comment communiquer avec votre Inconscient. Nous verrons dans  d’autres articles la puissance de la résilience, de l’empathie et du don. L’inconscient comme source de créativité inépuisable. Et bien sûr toujours la nécessité d’une communication authentique.

 

 

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