Catégorie : TRANSMETTRE

Separator
Asterisk UNE JOURNEE DANS MA VIE DE FAMILLE IEF
28/02/2019 Isabelle in TRANSMETTRE / No comments

C’est une idée qui circule sur les blogs de familles qui pratiquent l’école à la maison : raconter quasiment heure par heure une journée « lambda » de leur vie d’Instruction en Famille. Pour démythifier ce mode d’instruction. Pour se rassurer mutuellement : non, tout n’est pas parfait, lisse chez les autres tandis que chez soi, on ramerait. Pour expliquer aussi la pertinence de leur choix ou tout du moins favoriser la connaissance de la réalité de leur vie. L’exercice me semble pertinent, mais avant toute chose, je voudrais vous partager « grosso modo » notre organisation. Comme un repère. Après, c’est promis, je vous raconterai l’une ou l’autre journée !

Voir aussi : Pourquoi j’ai choisi d’instruire mon enfant en famille ?

NOS SPECIFICITES

Avant toute chose et pour que le tableau soit réaliste, voici quelles sont nos particularités. Car bien sûr, l’Instruction en Famille varie selon le mode de vie, le nombre d’enfants et leur âge, la profession des parents (et si l’un s’est arrêté de travailler ou pas) :

  • Un seul enfant, né en 2011
  • Deux parents en reconversion professionnelle pour devenir « digital nomade » : web développeur pour l’un, rédactrice web pour l’autre
  • La vie nomade : depuis septembre 2017, nous n’avons plus de logement fixe ; nous avons voyagé en Asie et Océanie, sommes revenus en France dans nos familles respectives, avons eu recours aux Airbnb. Nous repartons bientôt pour l’Asie. Bref : nous bougeons.

Voir aussi : Comment le voyage a changé ma vie

A QUELLE HEURE SONNE LE REVEIL ?

Il ne sonne pas ! On ne va pas se priver de l’un des atouts majeurs de ce mode de vie 😉 Ca ne veut pas dire que c’est « grasse mat’ » 365 jours sur 365. Mais plutôt que chacun vit à son rythme en fonction de ses besoins et des impératifs extérieurs. Mon conjoint apprécie de se lever tôt, voire très tôt (4-5h du mat’) ; notre bonhomme et moi nous levons plutôt vers 8h. Pas besoin de courir, la journée est longue. 

EN DEBUT DE MATINEE : CHACUN SA ROUTINE

Le matin, chacun a sa routine. Je fais ma gym et quand j’arrive dans la pièce commune, mon mari est depuis longtemps sur son ordinateur, casque sur les oreilles. Raphaël a déjà pris son petit déjeuner, il aime être tranquille, c’est le moment où les idées lui viennent. Il se concentre et dessine ou bricole. Je prends mon café dehors puis je m’isole et écris. Quand il y a un jardin, Raphaël sort jouer, construire un pont ou une cabane, ou sauter sur le trampoline quand il y en a un (son sport préféré).

Voir aussi : Instruction : comment mettre en place une routine ?

LE TEMPS DE TRAVAIL FORMEL

Se retrouver

En fin de matinée, Raphaël et moi nous retrouvons pour un temps de travail « scolaire ». Rapha rechigne par automatisme. C’est un rituel 😉 Nous nous posons pour boire un verre d’eau ou une tisane ; nous papotons ou bien je lis un passage de livre. Selon l’humeur, nous enchaînons sur quelques exercices : la « brain gym », pour se concentrer. Puis nous nous installons à un bureau, peu importe lequel (il y en a dans les hôtels, les Airbnb, partout..).

La lecture

En général, nous commençons par de la lecture à voix haute. Je me mets donc à gauche de Raphaël, pour pouvoir si besoin mettre mon doigt sur un mot. En ce moment, nous lisons « Picouic et Tigrelin en Europe », l’intrigue l’intéresse et il apprécie d’apprendre de nouvelles choses (c’est un livre qui fait de la géographie, de l’éducation civique, et apporte des éléments de culture générale). 


Je relis le passage pour qu’il l’entend en entier, pour le plaisir, puis Raphaël répond aux questions à voix haute.

L’écriture

Vient ensuite l’écriture. Je change de place et me mets à droite de Raphaël… car il est gaucher. A l’heure actuelle (niveau milieu de CE1) nous avons un seul cahier. Raphaël écrit la date puis quelques éléments qu’il devra retenir (conjugaison, orthographe à partir de CE livre ludique : au bout de 4 séances d’écriture, nous faisons une dictée.

Ou alors, nous prenons le fichier de français que nous avons choisi. Cela change : il s’agit de lire la leçon et de compléter les exercices. C’est aussi un repère d’évolution. Raphaël écrit alors la date en chiffres.

Les maths

Il arrive que cela fasse déjà beaucoup. Dans ce cas, Raphaël fait un dessin dans son cahier, et nous remettons la séance de math à « après le goûter ». Elle consiste en général en : un peu de calcul mental et un ou deux problème du ficher que nous avons choisi.

Ou alors, pour changer, nous faisons, comme pour le français, une partie du « programme » dans le fichier que nous avons choisi.

Une structure repère

Cette structure est un repère. Elle évolue en fonction des besoins. Par exemple, la dictée a été un gros morceau. A cette période là, je ne proposais en math qu’un peu de calcul mental, pour ne pas alourdir Rapha (voire le mettre en échec). L’avantage de l’Instruction en Famille, c’est qu’on a le temps. Et ce qui est posé une fois est vraiment posé. C’est du moins ce que j’observe avec notre enfant.

Voir aussi : Comment commencer le travail formel ?

DE LONGUES APRES-MIDI POUR FAIRE « AUTRE CHOSE »

Au niveau CE1, le travail s’arrête là. L’après-midi, voici nos différentes activités possibles :

  • Rapha joue, lit une Bd, regarde un documentaire, pendant que nous, parents, nous travaillons
  • Nous nous baladons en famille dans la nature (forêt, champs,…) : c’est un besoin et un plaisir
  • Nous allons au square (un point de repère qu’on trouve dans à peu près tous les pays) : le « temps de Loulou » pendant lequel nous, parents, nous débriefons
  • Nous invitons des amis pour Rapha (et on discute entre adultes)
  • Nous allons à la bibliothèque (nous sommes d’excellents clients, quel que soit le point du globe !)
  • Nous visitons ensemble une ville, un lieu à proximité (facilement une fois par semaine)
  • Nous allons aux rencontres d’enfants non-scolarisés, puisqu’il existe des associations partout en France, et dans tous les pays : j’ai le réflexe de chercher sur Fb s’il y a des familles à rencontrer
  • Nous allons à la pêche aux activités alentours, notamment pendant les week-ends et vacances scolaires

UN CALENDRIER ULTRA SOUPLE

Le gros avantage de l’Instruction en Famille, c’est qu’elle se déroule dans la vraie vie.

En IEF, on fait feu de tout bois, on apprend à partir de ce qui est, et chacun apprend en fait. Pas seulement l’enfant, mais les parents aussi. Par exemple, si en se baladant en ville, on voit quelqu’un qui travaille sur la chaussée, et que notre enfant s’interroge, on essaie d’entamer la conversation directement avec la personne qui travaille. C’est elle l’experte. Et nous sommes les apprenants, au même titre que notre (nos) enfant(s).

Dans la vraie vie, il y a aussi des jours « sans » (enfant ou parent malade), des jours où on bouge, des soirées entre amis qui se prolongent jusque tard, des impératifs pro ou technique.

Enfin, il y a de très nombreux jours où « on n’a pas envie de s’y mettre » , « on est de mauvaise humeur » (enfant… ou parent). C’est ça aussi la vraie vie ! Comment on fait, dans ces moments-là ? J’aurais l’occasion de vous raconter ça dans une de mes « vraies journées IEF »… !

Continue reading
Asterisk INSTRUCTION EN FAMILLE : COMMENT COMMENCER LE TRAVAIL « FORMEL » ?
13/01/2019 Isabelle in TRANSMETTRE / one comment

Dans cette série d’articles sur l’Instruction en Famille, je vous partage les raisons de notre choix, notre parcours, notre organisation, nos outils. C’est pour moi l’occasion de regarder tout le chemin accompli, l’expertise développée (si si, pas de fausse modestie !) et les objectifs à se fixer pour progresser encore !

Après avoir évoqué dans un 1er article les raisons de notre choix, puis dans un 2ème article notre organisation en Petite et Moyenne Section, je vous parle ici de l’IEF à partir de 5-6 ans, lorsqu’il devient possible d’instaurer une « routine de travail » (voir mon article sur la routine en instruction en famille) et d’entrer dans les apprentissages dits fondamentaux : lire, écrire, compter. 

LE « TERRAIN » EST DEJA PREPARE

Quand je dis que l’enfant peut « entrer » dans les apprentissages fondamentaux à partir de 5-6 ans (avec des enfants qui sont prêts dès 4 ans, d’autres qui seront mûrs vers 7 ans), cela ne veut pas forcément dire qu’il ne s’est « rien » passé jusque là. Le « terrain » a pu être préparé :

POUR LA LECTURE…  

Lui lire des livres dès le plus jeune âge pour l’amener à avoir envie de lire par lui-même
  • Par le fait de s’entendre lire de nombreux livres (ah… les vertus de l’histoire du soir !), avec des histoires qui permettent de développer l’imaginaire, d’engranger la « mécanique du récit », du vocabulaire, et de faire le lien entre les mots écrits et les mots prononcés
  • Par le fait de lire les panneaux, les devantures de magasin. De mettre la lecture dans le quotidien.
  • Par le fait de voir les parents lire (l’enfant aura envie d’imiter ses parents, surtout s’ils ont l’air d’y prendre plaisir)
  • Par le fait de manipuler des lettres (magnétiques sur le frigo ou rugueuses)
Lire pour soi, pendant la sieste, dehors pendant que l’enfant joue, etc. (Nb : ça marche même sans la robe et le décor !)

POUR L’ECRITURE….

  • Par le dessin : le fait d’avoir l’habitude de manipuler  un crayon, de tracer des traits, des ronds, des vagues (tout ce qu’on appelle « pré-écriture »), de colorier, de s’absorber avec joie dans cette tâche
  • Par les travaux manuels : découpage (le maniement des ciseaux muscle la main et amène à progresser en précision), peinture, pâte à modeler (parfait pour muscler les petites mains), collage de gommettes, bricolage, jeu de perles, etc…
  • Par de la gymnastique des doigts, avec la méthode Danielle Dumont
Le coloriage est une activité de « pré-écriture » qu’on fait faire aux enfants à l’école et qu’on propose naturellement à la maison

POUR LES MATHS….

  • Par le fait d’observer que dans la vraie vie, on est amené à compter : pour faire une recette de cuisine, partager un gâteau, faire des achats, savoir combien de temps il nous reste, etc.
  • Par le fait d’apprendre la comptine numérique si ça amuse l’enfant (connaître par coeur le dénombrement, de 1 à 5, puis à 10, à 20, à 100. Souvent les petits rivalisent dans la maîtrise de cette « chanson »)
Jouer avec des chiffres amusant. L’enfant apprend l’air de rien.

Voilà pour les « matières ». Mais ce qui se passe avant 5-6 ans pour un enfant qui évolue en Instruction en Famille, c’est aussi une maturation du cerveau par le jeu libre, les larges plages horaires dehors, au contact de la nature, les interactions avec des personnes de tous âges et un sommeil de qualité (le matin, l’enfant dort autant qu’il en a besoin ; fait des siestes s’il ressent de la fatigue…). Quand l’enfant a eu cette possibilité jusqu’à 5-6 ans, il est en général demandeur de « plus » ou en tous cas on peut percevoir qu’il est prêt à passer tranquillement vers une autre phase qui va l’amener à progresser.

L’enfant en IEF passe beaucoup de temps à jouer, rêver, quand il est petit, ce qui contribue à la maturation de son cerveau

LES APPRENTISSAGES INFORMELS AU-DELA DE 5-7 ANS

Les parents qui cheminent avec les apprentissages informels amorcent alors naturellement cette transition en répondant aux attentes de l’enfant : apprendre un instrument de musique, lire, trouver des informations sur tel ou tel sujet. L’enfant grandit et entre dans l’abstraction. Le parent qui est attentif trouvera les moyens de mettre à sa portée ce qui le nourrira.

Cette démarche suppose une attention aux détails (où est-ce que mon enfant en est ? Quelle est son attente, verbalisée ou non ?), une créativité dans les propositions (quoi proposer… sans imposer ?), une réelle confiance (les apprentissages se feront, à un rythme parfois déroutant -si l’entrée dans la lecture se fait vers 9 ans par exemple- mais cela correspondra vraiment aux besoins ressentis de l’enfant : il apprendra lorsqu’il y sera réellement disposé). 

Les enfants apprennent dans la vraie vie, au gré des discussions, quand ils en ressentent le besoin

Pour découvrir ce mode d’accompagnement global de l’enfant, je vous engage à consulter les blogs anglophone de Pam Laricchia : Linving Joyfully et francophone de Marion Billon : Les enfants avenir.Et à lire le livre témoignage d’André Stern : …et je ne suis jamais allé à l’école.

CONSTRUIRE UN RITUEL DE TRAVAIL, PEU IMPORTE LE CONTENU (CHEZ NOUS, L’ECRITURE UNIQUEMENT)

Pour commencer, proposer de petites plages horaires de travail chaque jour de la semaine

De mon côté, j’ai fait le choix de proposer un rituel de travail à partir de la Grande Section.

A l’époque, mon fils n’était pas du tout attiré par le dessin mais il avait une excellente mémoire, et l’envie d’apprendre. Nous sommes donc passés tout de suite à l’écriture…. et uniquement l’écriture. En effet, je ne me voyais pas demander « aussi » à mon fils d’apprendre à lire et à compter. L’écriture était notre travail. Cela durait 20 minutes. A ce stade, c’était déjà beaucoup.

A cette période, nous avons passé beaucoup plus de temps dans la nature. L’effort fourni pour entrer dans l’écrit demandait en parallèle de grandes plages horaires de détente, de décontraction du corps.

Voici quel était notre rituel : nous entamions tout d’abord par quelques exercices de gymnastique des doigts.

Si c’était à refaire, j’ajouterais ce rituel de gymnastique qui favorise le bon fonctionnement du cerveau et la concentration.

Puis nous récitions la comptine du positionnement sur la chaise : le dos droit, les pieds sur la barreaux de la chaise, les mains sur la table, je respire.

Enfin nous récitions la comptine de la lettre (mon fils a une mémoire plutôt auditive donc cela lui correspondait bien) tout en touchant la lettre rugueuse correspondante.

APPRENDRE A ECRIRE

Au début, mon fils recopiait des lettres bâtons sur des fiches plastifiées ou des feuilles de brouillon.

Ecrire, au départ en très gros, puis entre des lignes de plus en plus petites.

Puis nous avons appris une lettre cursive après l’autre, à partir de cette vidéo de l’association « Trans-Maître ». Je traçais des lignes sur des feuilles A5 et il écrivait une ligne de lettres au crayon à papier tout en récitant la mélodie des lettres.

Quand cela fut intégré, j’ai acheté un cahier Séyès, dans lequel les lignes sont plus grosses que la normale. L’objectif était de se familiariser avec le principe du cahier et d’apprendre peu à peu à écrire plus petit.

Au bout de deux semaines, nous avons été acheter ensemble un stylo plume (nous avons choisi la marque Lamy qui propose des stylos pour gauchers et je ne peux que la recommander)

Parallèlement et naturellement, mon fils a alors commencé à dessiner des machines, des inventions ; tout son imaginaire est sorti sur le papier. L’écriture l’a mené vers le dessin et non l’inverse !

INTEGRER D’AUTRES MATIERES (CHEZ NOUS LA LECTURE PUIS LES MATHS)

J’ai ensuite intégré la lecture avec tout simplement la méthode Boscher. La méthode me semblait abordable, progressive, avec de jolis dessins. Peut-être qu’aujourd’hui, si c’était à refaire, je choisirais la méthode des alphas qui est plus ludique, et- ou « Mico mon petit ours« . Nous faisions une page sur deux séances.

Le boulier pour apprendre à compter

Et enfin seulement, quelques mois plus tard, les maths avec un boulier, des tickets de bus et la méthode de Singapour (des carnets de Grande Section que l’on peut acheter ici) et en prévoyant cette séance après le goûter, donc à un autre moment, pour que ça ne soit pas trop lourd.

UNE EXIGENCE FRUCTUEUSE

De cette première année de travail formel, je retiens plusieurs choses :

  • D’abord et toujours (au risque de me répéter) les vertus de COMMENCER PETIT, mais de faire le travail REGULIEREMENT
Grimper une petite marche après l’autre pour acquérir la maîtrise
  • Ensuite le constat que ce rythme est à la fois EXIGEANT pour l’enfant (il y a une part de contrainte, même si ça n’est que 20’ par jour), et pour le parent (on a tendance à osciller entre l’envie de voir une progression et en même temps de laisser l’enfant aller à son rythme). L’entrée dans les apprentissages formels est clairement un changement de rythme familial et demande de la rigueur. Il y a des jours, des périodes même, où cela peut créer une tension. Cela demande alors à la fois de la fermeté et de la souplesse : on travaille, ça c’est intangible, mais on peut choisir par quoi commencer, quelle notion apprendre, quelle lettre découvrir aujourd’hui. Le travail est « sur-mesure », il s’adapte à l’enfant et se fait dans le dialogue. Plus les mois passent, plus on devient à même d’envisager des alternatives.
Commencer le travail formel, ça demande de l’entraînement !
  • Il y a une progression dans la CONNAISSANCE DE SOI. Connaissance l’enfant, de ses besoins, de ce qui lui convient. On comprend ce qu’il apprécie, en quoi il est doué, ce qui lui demande davantage d’efforts. Et alors on l’encourage à propos, on lui fait des remarques adaptées. On perçoit clairement ce qui a évolué grâce à la régularité et-ou grâce au repos (2 semaines de vacances et la lecture devient plus naturelle). On détecte aussi les signes de fatigue, on le verbalise et on en tient compte soit pour arrêter plus tôt, soit pour se dépasser « un peu ». On se connaît mieux aussi comme parent instructeur : ce qu’on est capable de donner et quand (chez nous, c’est moi qui commence le travail : j’ai besoin de mon heure d’écriture quotidienne ; le travail scolaire vient après), nos limites, comment se ménager, se ressourcer, les quelques aspects tangibles qui nous permettent de rester heureux de ce mode de vie (ce qu’on voit de son enfant, mais aussi la qualité de vie qui s’en ressent pour tous et ce qu’on en retire personnellement : la lucidité est gage de longévité !).
Savoir se poser, prendre du temps « pour soi », c’est aussi ça qui permet à l’IEF d’être une réussite !
  • Pour l’enfant, il y a aussi selon moi une MATURITE qui est directement liée à l’entrée dans les apprentissages formels. Chez nous en tous cas. Cela a canalisé notre enfant. Il est devenu plus consciencieux, plus concentré. Et il a commencé à dessiner, à faire des dessins très pointus même, puis des maquettes. Il s’est découvert une passion.

RECONCILIER TRAVAIL FORMEL ET INFORMEL

Même si l’enseignement est « formel » l’enfant continue de manipuler pour apprendre, particulièrement en maths

Il arrive qu’on oppose travail formel et informel. Il y aurait les tenants d’un apprentissage informel, le unschooling, avec l’enfant qui apprend par lui-même et se pose les exigences dont il a besoin pour parvenir à son objectif, et les tenants d’un apprentissage formel dans lequel l’enfant subirait un apprentissage dicté par l’adulte, qui serait alors vu comme un répétiteur (si l’enfant suit des Cours par Correspondance) ou un enseignant à l’ancienne (proposant des cours magistraux).

Or l’expérience des familles qui choisissent le travail formel en Instruction en Famille est clairement de l’ordre du 20-80. L’apprentissage formel, s’il est exigeant pour l’enfant comme pour le parent instructeur, et qu’il revient tous les jours (ou presque : on ne va pas s’imposer de travailler de manière arbitraire si l’enfant ou le parent se sentent malades ou si une sortie est prévue un jour), ne représente que 20% de la journée. Les moyennes pourraient être : 30’ à 1h30 en CP-CE1 (en augmentant progressivement le temps, selon les capacités de l’enfant), 2 à 3h ensuite, pour le reste du primaire. N’ayant pas l’expérience du collège-lycée, je ne me permettrai pas d’avancer des horaires, mais l’enfant grandissant, il prend davantage ses apprentissages en mains, et organise lui-même son temps de travail.

La loi de Pareto invite à concentrer son attention sur les 20% d’efforts qui produisent 80% de résultats. En IEF formelle, le travail se concentre sur 20% du temps de la journée.

En tous cas, la majeure partie de la journée reste du temps libre, pendant lequel l’enfant est dehors, participe à des activités, voit des amis, et-ou intègre par le jeu ce qu’il a découvert de manière formelle. Bien sûr le parent instructeur est toujours là pour répondre aux questions, envisager une activité qui permettrait de mieux répondre à ses interrogations. Bref, le reste du temps, les enfants qui évoluent en famille vivent pleinement d’apprentissages informels.

Passer beaucoup de temps dehors à jouer, rêver, explorer la nature, un privilège des enfants instruits en famille, quel que soit le type d’enseignement choi

LE TRAVAIL FORMEL EN MODE MINIMALISTE

Aujourd’hui, nous sommes sur un travail formel minimaliste. Je mesure que la routine est posée, je connais mon enfant, son rythme, ses attentes, et finalement mon travail de préparation est quasi nul. J’ai quelques manuels. Je me « forme » par plaisir quand j’ai un moment de libre mais j’ai du temps pour moi, pour travailler et développer d’autres compétences. L’enjeu est bien sûr différent avec plusieurs enfants de niveaux différents, mais il me semble, pour l’avoir observé dans d’autres familles, qu’il y a bel et bien une aisance qui se développe avec le temps.

La confiance et la relation sont renforcées

Est-ce que ce mode d’instruction vous parle ? Quelles sont les difficultés que vous êtes parvenus à dépasser au fil du temps de l’expérience ? N’hésitez pas à me le dire en commentaire et à partager cet article s’il vous a plu.

Dans un prochain article, je vous parlerai d’une autre forme d’apprentissage, peu connue en France : le worldschooling.

Continue reading
Asterisk COMMENT FAIRE L’INSTRUCTION EN FAMILLE EN MATERNELLE ?
12/01/2019 Isabelle in TRANSMETTRE / No comments

Dans cette série d’articles sur l’Instruction en famille, je vous partage notre cheminement, ce qui nous a conduit à faire ce choix, comment nous le vivons au quotidien, comment nous nous organisons et nos tâtonnements. Dans une 1ère partie, je vous parlais des raisons qui nous ont amenées à faire ce choix. Dans cette 2ème partie, je vous parle de nos 1ères années d’IEF. Comment gère-t-on la maternelle à la maison ? Qu’est-ce que l’apprentissage autonome, informel ou ce qu’on appelle encore le unschooling ? A quoi ressemblait notre organisation hebdomadaire ?

1ère NON RENTREE, NOTRE ORGANISATION

1ère non-rentrée donc. Je commençais à tâtons, le trouillomètre à 100 et un cadre à définir.

Il n’y a pas que les enfants qui se cachent quant ils n’ont pas envie d’affronter leurs peurs 😉

Il était entendu que mon fils continuerait d’aller chez la nourrice un jour par semaine (ou plusieurs heures réparties sur la semaine; c’est une possibilité offerte alors par la CAF jusqu’aux 6 ans de l’enfant, du fait que je travaillais).

Un calendrier hebdomadaire, avec grosso modo les activités qu’on planifie, facilite grandement la structuration du temps en IEF, même pour les petits.

L’anniversaire des 3 ans de notre fils avait été l’occasion de lancer une cagnotte pour acquérir du matériel Montessori.

Les solides Montessori, un matériel qui permet d’appréhender la géométrie en 3D

Et notre appartement était transformé en mini-classe, avec des tableaux magnétiques partout, à hauteur d’enfant, pour pouvoir exposer des chefs d’oeuvre, des lettres, des chiffres. Bref, pour créer un environnement stimulant. Dans un coin, j’avais placé des étagères ouvertes (Leroy Merlin si ça vous intéresse) dans lesquelles j’avais placé les outils Montessori.

Sur les murs, j’avais installé une « poutre du temps » c’est une frise en carton, avec un espace par jour, et au final l’année entière représentée. On y inscrit les évènements importants, et aussi une pince que l’enfant déplace pour qu’elle soit sur le bon jour.

Cela permet à l’enfant de réaliser matériellement que le temps passe. On peut réaliser cette poutre soi-même ou l’acheter ; il y en a une par exemple à la fin du livre Balthazar et le temps qui passe (mais elle est en papier, elle ne durera pas autant qu’une frise en carton ou plastifiée).

Enfin, nous avions investi dans un cahier Canson à spirale qui deviendrait le « cahier de vie », là où j’écrirais sous la dictée tous les évènements importants, les découvertes.

LES OBJECTIFS EN PETITE-MOYENNE SECTION

Un « beau » cahier, dans lequel l’enfant raconte ce qu’il fait, ce qu’il aime, ce qu’il apprend

Pour moi, à 3-4 ans, l’objectif était de verbaliser, développer un vocabulaire, raconter, se repérer dans le temps et faire mémoire. Ce cahier était et est resté « beau », avec un soin mis dans l’écriture, les illustrations. Aujourd’hui encore, mon fils a plaisir à le consulter comme on revisite avec délice l’histoire de sa vie. Hé oui, pour moi, il n’y a pas d’âge pour relire sa vie 😉 Je suis persuadée qu’à chaque fois qu’il feuillette ses cahiers de vie, il renforce son identité (qui je suis, ce que j’ai fait, ce que j’ai choisi, ce que j’ai appris, les difficultés que j’ai dépassé, ce qui me rend unique) et ré-ancre ses apprentissages. Pour moi, s’il y a un outil à retenir dans l’école à la maison des tout-petits, c’est celui-là !

LES REAJUSTEMENTS

Les mois passant, je suis devenue plus sereine quant à ma manière de faire et ce que je voulais pour mon enfant. Aussi, le choix de poursuivre l’Instruction en Famille en Moyenne Section s’est fait naturellement. Pour cette deuxième, la nourrice prenait sa retraite. Aussi nous avons misé sur les activités de la commune pour créer un repère hebdomadaire fixe de vie avec d’autres enfants : gym, initiation au piano et au violon ont accompagné notre enfant pendant les deux années qui ont suivi. Le groupe d’Instruction en Famille du secteur (l’Ecole de la Vie en région parisienne) proposait aussi des rencontres à la ludothèque et dans les musées. La moyenne section correspondait à une plus grande curiosité ; aussi nous passions chaque semaine une journée à Paris, en choisissant une activité culturelle au gré des envies, et nous la racontions ensuite dans le cahier de vie.

Suivre sa voie, apprendre à son rythme : le maître-mot de l’apprentissage informel

Nous avons donc vécu pendant ces deux ans ce qu’on appelle l’apprentissage informel ou unschooling. En gros, l’enfant évolue dans une atmosphère où les propositions sont nombreuses mais où « il » choisit ce qui l’attire. Pas de « séance de travail » à proprement parler. Surtout du temps libre, avec des jeux. Quelques travaux manuels au gré des envies. Des sorties, des activités ludiques, des lectures « plaisirs » et beaucoup de temps dans la nature aussi.

Et vous, comment gérez-vous cette période 3-5 ans ?

Continue reading
Asterisk POURQUOI J’AI CHOISI D’INSTRUIRE MON ENFANT EN FAMILLE
11/01/2019 Isabelle in TRANSMETTRE / 2 responses

Voilà plusieurs années maintenant que nous pratiquons l’Instruction en Famille. Un chemin passionnant, qui amène à se connaître, s’organiser, progresser et transmettre. Autant dire qu’on est au coeur de la thématique de ce blog ! Dans cette série d’articles, je vous partage notre témoignage : les questionnements avant, les débuts, notre tâtonnement au niveau du choix de la pédagogie, des outils, de l’organisation d’une routine, mais aussi nos fiertés et là où nous en sommes maintenant, en espérant que cela vous inspirera et ouvrira votre champ des possibles. 1ère partie cette fois-ci : l’avant IEF, comment ça s’est passé, notre situation, le pourquoi de ce choix, mais aussi mes peurs et le regard des autres.

AU TOUT DEBUT, J’AI SUIVI LE MOUVEMENT

Les fourmis suivent leur congénères… à l’infini…

Quand la question de scolariser notre enfant s’est posée, c’est-à-dire lorsqu’il avait 2 ans et demi puisqu’en France, les démarches d’inscription à l’école maternelle commençant 6 mois avant la rentrée, j’ai commencé par suivre le mouvement : mettre à jour le carnet de vaccination de mon fils, faire calculer notre quotient familial, remplir les papiers pour l’école publique et fouiner sur le net à la recherche d’infos sur les écoles dites alternatives. J’ai découvert au passage que pour les écoles « privées sous contrat », c’était râpé : toutes les pré-inscriptions étaient faites depuis longtemps ! Nous étions en région parisiennela course à la place dans la « bonne école » fait rage ! 

LA MATERNELLE EN REGION PARISIENNE

Et quand on questionne les parents d’enfants scolarisés, on entend parfois des histoires qui font frémir…

Les classes sont aussi réputées pour être surchargées : il n’est pas rare de compter 30 enfants dans une classe de Petite Section. Tous ces enfants, si petits, rassemblés sous la responsabilité de deux adultes (un enseignant et une assistante maternelle), ça me donnait des sueurs froides. Et dire que mon enfant avait eu une nounou pour lui tout seul, puis une assistante maternelle « très chargée » : c’est-à-dire qu’elle gardait 4 enfants. Et là, sans transition, on prévoyait de faire garder 30 enfants en même temps entre 4 murs. Ca me paraissait « un peu » beaucoup…. et aussi « un peu » prématuré car à 3 ans, beaucoup enfants se font à peine comprendre : comment ces adultes pourraient lui donner le miroir de parole structurée qui le ferait vraiment progresser et lui donnerait ce sentiment intérieur de sécurité si fondamental pour la suite ?

ET POURQUOI PAS UNE ECOLE A PEDAGOGIE MONTESSORI ?

Les tarifs de certaines écoles hors-contrats en France sont rédhibitoires

A cette époque, et comme beaucoup de parents, j’ai été attirée par la pédagogie Montessori, pour son respect de l’enfant, de son rythme, le souhait d’accompagner l’enfant vers l’autonomie, et de faire évoluer des enfants d’âge différents dans un même espace. Je garde ces valeurs bien précieusement et tâche de les appliquer au quotidien. Malheureusement, les tarifs des écoles Montessori (entre 350 et 700 euros par mois dans le secteur où nous habitions) m’ont fait pâlir ! Il nous a semblé plus approprié de réserver ce budget à des sorties et aux voyages (qui forgent la jeunesse, n’est-ce pas !?).

1er REGARD SUR L’INSTRUCTION EN FAMILLE

Vivre à son rythme, faire les choix qui nous correspondent vraiment

Quand j’ai eu fini mon tour d’horizon des possibilités d’instruction « classiques », j’ai honnêtement lorgné du côté de l’Instruction en Famille. L’idée m’enthousiasmait et m’effrayait en même temps. Permettre à mon fils d’évoluer à son rythme, dans « la vraie vie », de rencontrer d’autres familles dans notre cas avec des enfants de tous âges, d’établir un « programme à la carte » me tentait profondément.

LES FREINS INTERIEURS DU FUTUR « PARENT INSTRUCTEUR »

En même temps, j’étais impressionnée par ma responsabilité puisque c’est moi qui serai le « parent instructeur ». Et si je me trompais ? Et si je ne donnais pas à mon enfant « suffisamment » ? S’il n’était pas assez « nourri », ni en terme de « progression scolaire » ni en terme de « socialisation » ?

Et puis, si je suis de nature créative, et si j’ai à coeur de suivre mon intuition, je ne me sens pas non plus « hippie », et je redoutais de rentrer malgré moi dans une « case » qui ne correspondait pas du tout à ce que j’étais vraiment. J’avais peur du regard que les autres pourraient porter sur moi, sur nos choix, et ce d’autant plus que nous habitions et travaillions dans une école (paradoxal mon cher Watson).

La peur du regard des autres… un frein si commun

Je mesurais aussi nettement qu’en faisant ce choix, les sceptiques attendraient « un surcroît de réussite » pour se sentir « à peine rassurés ». J’ai toujours beaucoup douté de moi, et la perspective d’être passée au crible du détecteur d’anticonformisme me glaçait le sang.

UN CHOIX QUI ENGAGE ET FAIT PROGRESSER

En tant que parent instructeur, on peut être fier, malgré les hauts et les bas !

En ce sens, l’Instruction en Famille m’a amenée à assumer ce que je portais, à renoncer à plaire à tout le monde, et à m’assouplir : on ne peut pas être compris de tous, mais on peut rester en relation malgré tout. Aujourd’hui, avec 5 ans de pratique d’IEF, il m’arrive encore de frémir quand je saisis que mon fils n’est pas « exactement » dans les clous des attendus sociaux ou de niveau. Mais je me soigne 😉 Mon enfant vit, évolue, avec une personnalité riche, un imaginaire et une curiosité foisonnante et une personnalité bien affirmée : il sait ce qu’il veut ou pas. C’est sur ces assises là que je me repose !

DES CONNIVENCES AVEC LES ENSEIGNANTS

Accompagner les élèves à s’intégrer dans le monde de demain. L’objectif des enseignants… et celui des parents instructeurs

Dans quel monde grandira mon enfant ? De quelles compétences aura-t-il besoin ? Que faire pour lui permettre de les acquérir ? C’est sur ces points que je m’interroge, au même titre que les enseignants d’ailleurs, et c’est pour ça qu’à mon sens, nous partageons les mêmes valeurs ! N’avons-nous pas pour objectif de former des citoyens libres et responsables, qui expriment leur talent propre et se donnent avec enthousiasme ?

DES FACTEURS ENCOURAGEANTS

Bénéficier de soutien, une vraie chance !

Mais revenons aux prémisses ! A un moment de ma recherche, je me suis « autorisée » à essayer. Mon mari m’y encourageait (c’est une énorme force !), lui-même était alors enseignant (il voyait donc l’école « de l’intérieur »), une de mes belles-soeurs pratiquait déjà l’école à la maison (pour moi, c’était un repère et la preuve que c’était un possible) et mon travail me le permettait (je travaillais en soirée ; financièrement, et au niveau du rythme, c’était possible). Autant dire que j’avais, comparativement à d’autres parents qui se posent la question de commencer ou non l’Instruction en Famille, beaucoup de chance.

CHOISIR DE TESTER ET DE RESTER SOUPLE

OSER sortir de la fourmilière ! Aller jeter un oeil au dehors. tester !

Pour moi néanmoins, à ce moment-là, c’était un risque, un cap. Et j’ai fait le « pari de Pascal », je me suis dis : « on essaie et on fera le bilan dans un an ». Dans l’intervalle, avant la rentrée, j’ai passé des centaines d’heures sur la toile à me renseigner frénétiquement sur les méthodes, à m’approprier des outils, à rechercher des bons plans, des groupes de discussions et de rencontres. J’ai fait en quelques mois une auto-formation à l’école à la maison ! Et si je ne regrette pas d’avoir nourri ma passion (à la base, je suis attirée par les méthodes d’instruction), j’ai quand même frisé l’overdose et fini par renoncer à « tout savoir ». Ce fut salutaire 😉

A suivre….

NB : Si cet article vous a plu, n’hésitez pas à le commenter et à le partager !

Continue reading
Asterisk INSTRUCTION : COMMENT METTRE EN PLACE UNE ROUTINE ?
22/11/2018 Isabelle in TRANSMETTRE / one comment

La question se pose pour nous adultes : comment faire de tel effort une habitude ? Se remettre au sport, adopter une nourriture plus saine, méditer ou prier chaque jour, passer davantage de temps de qualité avec son conjoint et ses enfants.

Mais la question se pose aussi et particulièrement pour les enfants : comment faire en sorte qu’ils se lavent les dents matin et soir, qu’ils disent « bonjour, pardon, merci » de manière adaptée et sincère, qu’ils progressent dans telle ou telle activité (qu’il s’agisse d’apprendre à lire ou à pratiquer un instrument de musique).

Ces questions se posent à tous les parents, mais de manière plus impérieuse pour ceux qui choisissent d’instruire leur enfant en famille (ou de faire ce qu’on appelle « l’école à la maison »). En effet, en plus des règles d’hygiène, de tenue et de respect que les parents transmettent à leur enfant, ils choisissent de l’accompagner dans les apprentissages dits scolaires : les fondamentaux (lire-écrire-compter), et peu à peu toutes les « matières » (des sciences du vivants à l’Histoire en passant par la physique et les langues vivantes).

 

Cela demande du doigté, de la patience, et je suis convaincue que la mise en place de routines peut nettement participer au succès de ce choix d’instruction. Mais comment s’y prendre, par quel bout commencer ?

 

UN PAS APRES L’AUTRE

Nous expérimentons tous qu’un petit pas après l’autre amène à de grandes transformations. C’est en commençant « petit » qu’on parvient à se dépasser :

Si je veux arrêter de fumer, je diminuerai  d’abord ma consommation et bien plus tard seulement, je ne toucherai plus à un seul paquet.

Si je veux me remettre au footing, j’inventerai un premier pas qui me coûte peu, comme de faire le tour du pâté de maison avec un ami pendant 10’ le vendredi, et après seulement j’irais courir seul 3 fois par semaine pendant 1h.

Si je veux dégager 1h pour moi chaque semaine, je réviserai mon emploi du temps en commençant par me réaproprier 10’ et j’augmenterai progressivement.

Le secret, c’est d’y aller tranquille, un pas après l’autre.

Les vrais changements, ceux qui sont durables, se font de manière ajustée, progressive, respectueuse.

Pourquoi n’en serait-il pas de même pour les enfants ? Y aller tranquille, en se fixant des objectifs, en répétant des gestes jusqu’à leur parfaite intégration. Jusqu’à ce qu’ils deviennent naturels. C’est valable pour le faire d’apprendre à mettre son manteau et lacer ses chaussures, mais aussi d’apprendre à étudier.

Car oui, passer de journées où le jeu prend toute la place à des journées structurées par des temps d’études demande des ajustements, des efforts et se fait peu à peu.

Mais une fois que la structure est posée, on peut alors se mouvoir à son aise et avancer efficacement, quel que soit le domaine d’étude choisi.

 

SE FIXER UNE LIMITE TEMPORELLE

Une autre clef surtout pour les petits, est de varier les exercices. Charlotte Mason (voir l’article que j’ai écrit sur cette pédagogue) recommandait de faire des leçons de 15 min maximum. C’est un repère. Les capacités de concentration de l’enfant sont limitées.

Mieux vaut presque faire 3 leçons de 5 min chacune, dans des domaines différents : 5’ de calcul mental, 5’ de lecture, 5’ à apprendre 3 nouveaux mots en anglais.

Ce rythme crée une stimulation, renouvelle le goût et entraîne à progresser dans tous les domaines par petites touches, mais régulières.

Après, quand ce rythme est intégré, on peut avoir l’ambition de prolonger le temps d’apprentissage dans chaque matière. Et encore. Rien ne vaut une variété de leçons courtes.

 

PRIVILEGIER LA RELATION

Surtout surtout, quoiqu’il arrive, faire une pause plutôt que de s’acharner au détriment de nos nerfs, si aujourd’hui, ça ne passe pas ! Le gros avantage de l’instruction en famille, c’est de laisser du temps au temps. Si on ne travaille pas à 9h, on pourra le faire à 14. Si on est mal à l’aise aujourd’hui lundi, on pourra se rattraper le samedi, pendant les vacances, ou compenser un autre jour, quand le coeur sera à l’ouvrage !

L’Instruction en Famille offre vraiment un confort, une qualité de vie. Quel dommage si c’est pour se fatiguer excessivement (pour le parent instructeur), engendrer des tensions (quand les séances deviennent un bras de fer car l’enfant est récalcitrant), voire dégoûter l’enfant des apprentissages.

 

SURFER SUR LA VAGUE ET INNOVER

Au fond, le pilote des apprentissages reste l’enfant. C’est lui qui découvre, intègre et s’exerce sur de nouvelles notions.

Notre rôle de parent est de l’accompagner, de nous rendre disponible pour répondre à ses questions, et de lui proposer des ressources variées.

Notre plus grande qualité est-elle la patience ? Je dirais plutôt la souplesse.

Nous avons souvent été éduqués et formés sur un mode différent. Nous redécouvrons tout avec notre enfant. Nous nous mettons à sa hauteur pour le rejoindre et le guider. Nous découvrons son monde.

Mais nous avons des clefs qui pourront l’aiguiller. A nous de les présenter sur un mode qui aiguise sa curiosité, qui fasse « tilt ». Il n’arrive pas à déchiffrer ses lettres sur un vieux manuel (type méthode Boscher) ? Il reste les lettres rugueuses de Maria Montessi, les Alphas, la méthode Jean qui rie. Il en existe d’autres encore. Il y a tant de supports. A nous de chercher ce qui accrochera avec notre enfant.

 

Et c’est sans doute une partie très gratifiante pour le parent instructeur : chercher et trouver ce qui pourrait correspondre à notre enfant. Le connaître en étant avec lui dans sa découverte du monde : n’est-ce pas être pleinement parent ? Profiter à fond de ces courtes années de son enfance ?

C’est ma joie en tout cas.

Et vous : quelles difficultés rencontrez-vous ? Comment la créativité et la souplesse vous aident au quotidien ?

Continue reading
Asterisk CHARLOTTE MASON : L’INSTRUCTION PAR LA NATURE, LA DISCIPLINE ET LA PASSION
04/11/2018 Isabelle in TRANSMETTRE / No comments

Nous y voilà : aujourd’hui, je vous présente un petit bijou, « la » pédagogie Charlotte Mason, du nom de cette éducatrice britannique de l’ère victorienne, peu connue dans nos pays francophones, quoiqu’elle commence à faire son apparition depuis 5-10 ans parmi les familles qui pratiquent l’Ecole à la maison. Quelle est la spécificité de cette pédagogie ? Comment a-t-elle vu le jour ? Pourquoi je l’apprécie tant… et quel bénéfice peut-on en tirer pour l’instruction des jeunes aujourd’hui ? Allons-y pas à pas : c’est parti !

UN PEU D’HISTOIRE

 

Charlotte Mason naît en Angleterre en 1842. Orpheline à 17 ans, elle se forme et devient institutrice. Pendant 15 ans, elle observe les enfants et l’éducation dispensée dans son pays.

 

Elle acquiert plusieurs convictions :

  • L’éducation doit être proposée à tous, sans préjugé de classes sociales (à l’époque les enfants des familles les plus modestes s’orientaient vers des métiers manuels)
  • Les parents peuvent s’engager dans l’éducation de leurs enfants, s’ils suivent quelques principes de base

 

Home Education (« l’éducation à la maison », accessible gratuitement dans sa version originale), l’ouvrage qui la fait connaître encore aujourd’hui, est le fruit de conférences qu’elle a données dans les années 1880.

 

Charlotte Mason fonde aussi un centre de formation de précepteurs et gouvernantes, puis une école qui suit le programme qu’elle a crée.

 

20 PRINCIPES POUR UNE METHODE

Charlotte Mason résumait ses conceptions éducatives en 20 points, qui rappellent que l’éducation doit considérer l’enfant comme une personne, qu’elle doit favoriser la croissance de sa liberté, le choix chez lui de la vertu et la curiosité, le dynamisme intérieur.

Pour y parvenir, Charlotte Mason insiste sur les conditions d’apprentissage : le cadre, l’ambiance, la structure.

Et les moyens : à travers les livres, rencontrer des trajectoires de vie inspirantes.

 

CE QUI TIRE LES JEUNES VERS LE HAUT

L’INSTRUCTION COMME UN BANQUET

Charlotte Mason comparait l’instruction à un banquet dans lequel l’éducateur proposerait un maximum de mets variés : le contact avec des expériences savoureuses (goûter la poésie, la musique), riches par le vécu des personnes qui la racontent et le vocabulaire employé.

DES LIVRES « VIVANTS »

Charlotte Mason comprend que l’enfant n’aura envie d’apprendre et ne se sentira élevé que si les savoirs proposés le sont par des personnes édifiantes, passionnées, dont les écrits manifestent qu’ils sont uniques et bien vivants. Ainsi, par les livres, les jeunes ont la possibilités de côtoyer le meilleur de l’humanité : une foule de chercheurs, d’explorateurs, de personnes engagées pour une grande cause, qui ont osé mille défis, qui se sont frottés à la vie. Et qui pour cela ont dépassé leurs peurs, ont surmonté des difficultés, en connu des joies intenses.

Des récits initiatiques en somme.

Quoi de plus stimulant ?

 

ENRICHIR L’UNIVERS INTERIEUR

LIRE POUR SE LAISSER TRANSFORMER

Pour couronner le tout, Charlotte Mason a le bon sens de rappeler qu’il ne suffit pas de lire des textes écrits par des personnes brillantes, encore faut-il pouvoir expliquer ce qu’on en a retenu pour soi-même, en quoi cela a-t-il pu nous transformer. C’est ce qu’elle appelle la narration ; elle l’applique à tout le cursus de formation et pour toutes les matières : après chaque passage lu (et on ne le lit qu’une fois pour développer l’attention, si fondamentale), chaque jeune explique ce qu’il en a compris et pourquoi cela l’a intéressé. De sorte qu’il se forge peu à peu non seulement une culture mais un univers intérieur riche.

 

FORMER DES LECTEURS ENGAGES

Car il ne s’agit pas seulement de retenir la synthèse d’un livre. D’apprendre par coeur comme on le fait dans un cursus traditionnel. Il s’agit ici de susciter l’engagement du jeune, de l’inviter à réfléchir et à se positionner, et c’est pourquoi la pédagogique Charlotte Mason rejoint nos pédagogues les plus modernes.

 

ETRE DISPOSE

Mais pour que cela soit possible, il est nécessaire que le jeune ait acquis certaines dispositions intérieures. Qu’il soit attentif par exemple. Qu’il ait un vocabulaire assez riche. Qu’il comprenne l’intérêt de l’exercice pour lui-même. Qu’in fine, il ait confiance en l’éducateur et en la valeur de ce qu’il lui transmet.

 

PAS D’ECOLE AVANT 6 ANS

D’ABORD, L’EDUCATION

Autant de données qui se transmettent par l’éducation dès le plus jeune âge. Ces données de base sont si fondamentales que Charlotte Mason préconise de ne commencer le travail formel qu’à partir du moment où ils sont posés, c’est-à-dire vers 6 ans.

 

LA DISCIPLINE

Auparavant, elle invite les éducateurs à se concentrer sur la mise en place de ce qu’elle appelle la discipline. On a aujourd’hui de ce mot une idée peut-être péjorative. En tous cas, cela renvoie à une éducation « old style ». Quand on explore la pédagogie Charlotte Mason, on s’aperçoit qu’elle est au contraire à la pointe de la modernité.

… BIENVEILLANTE

La discipline regarde l’enfant là où il en est, et l’amène peu à peu à intégrer ces principes de vie, en évitant les châtiments, le chantage, l’isolement et autres pressions qui viendraient au mieux le braquer.

 

4 A 6H PAR JOUR DEHORS…

PARTOUT ET TOUS LES TEMPS !

Enfin, Charlotte Mason recommande plus que tout la vie dans la nature. Pour elle, c’est primordial. L’enfant avant 6 ans devrait y passer 6 heures par jour, par tous les temps. On voit là qu’elle rejoint les crèches et les maternelles les plus novatrices, qui s’installent en pleine forêt.

 

 

EXCELLENT POUR LA SANTE ET L’INTELLECT

On s’accorde aujourd’hui, à travers de savantes études (voir mon article traitant du Shirin Yoku) des bienfaits liés au contact avec la nature. On a peu de mal à imaginer que le contact quotidien et prolongé avec la nature dès le plus jeune âge soit la meilleure manière de développer chez l’enfant ses facultés innées : ses 5 sens, l’émerveillement pour la création, le sens du détail, une certaine robustesse liée à une bonne oxygénation, au fait de marcher longuement, d’être dehors par tous les temps.

 

UNE PROGRESSION

Charlotte Mason propose une progression : que l’éducateur nomme ce qu’il voit, guide l’enfant dans son exploration, jusqu’à plus tard, l’inviter à reproduire ce qu’il voit dans un carnet.

 

 

APRES 6 ANS : ETUDES LE MATIN, APRES-MIDI DEHORS

A partir de 6 ans, l’enfant suit un cursus formel le matin (des matières, étudiées avec le contact de livres passionnants et de la narration), et passe ses après-midi dehors.

 

 

LES QUALITES DE L’EDUCATEUR

ATTENTIF ET PATIENT

La pédagogique Charlotte Mason demande donc essentiellement la présence d’un adulte attentif et patient, qui se remet en question, et qui vit de ce qu’il transmet. L’éducateur est pour l’enfant l’exemple d’adulte par excellence. Exigeant pour lui-même. Il convient de le choisir avec soin !

 

JUSTE QUELQUES DIRECTIVES

J’apprécie aussi particulièrement le fait que Charlotte Mason donne aux éducateurs quelques directions éducatives de bon sens et c’est tout. Dans une société où les parents culpabilisent énormément de ne pas faire assez, ou comme il faudrait, ce genre de discours est foncièrement libérateur. C’est un souffle. C’est une invitation à vivre, avant tout !

NOS PRIORITES

Pour les parents qui choisissent de pratiquer l’Ecole à la Maison, c’est un appel très fort et très stimulant aussi. Charlotte Mason invitait les éducateurs à se cultiver pour eux-mêmes.

 

 

EDUCATION : UN INVESTISSEMENT AVANT TOUT HUMAIN

DES ADULTES DISPONIBLES

Vous aurez remarqué, au terme de cette brève introduction à la pédagogie Charlotte Mason, que l’investissement pour l’appliquer est avant tout humain. Le jeune a besoin de la présence d’adultes disponibles.

 

 

QUOI, PAS DE MATERIEL EDUCATIF ?

Oui, pour le reste, il n’y a pas besoin de matériel. Les livres, on en trouve à la bibliothèque. Cette pédagogie rend minimaliste et recentre sur l’essentiel.

VOYAGER, LE CADEAU FORMATEUR PAR EXCELLENCE

Si l’on veut faire un cadeau à un enfant, autant économiser pour voyager avec lui : c’est l’investissement éducatif le plus formateur.

 

 

A QUAND LES ECOLES CHARLOTTE MASON ?

Et pour aujourd’hui ? On peut comprendre que la pédagogie Charlotte Mason ait sa place à la maison et qu’il soit difficilement envisageable de la mettre en place à l’école publique. Car elle s’accompagne de petits effectifs.

On pourrait néanmoins trouver aujourd’hui des écoles hors-contrats qui la mettent à l’honneur.

On pourrait également retenir quelques principes de base : mettre à la disposition des enfants d’abord et avant tout des livres « vivants », passionnants.

Demander après aux enfants ce qui les a touché, en quoi cela a modifié leur regard sur la vie. On le fait certes déjà de temps en temps : mais le voir comme « l’essentiel » est bien différent.

 

 

Enfin, envisager l’importance de l’environnement : dans quel cadre les enfants évoluent-ils ? Et axer la construction des écoles à venir au maximum au contact de la nature, aux abords ou dans un bois par exemple.

 

 

Ceux sont des pistes. Cela peut susciter l’adhésion, la suspicion, la controverse. L’éducation et l’instruction, comme la politique et la religion, font couler tellement d’encre et pour cause : ceux sont des sujets vitaux, qui nous tiennent à coeur !

En tout état de cause, cet article n’a pas la prétention d’être exhaustif. La bibliographie de Charlotte Mason est vaste, et les plus curieux d’entre vous pourront s’y frotter 😉

 

Et vous, connaissiez-vous la pédagogie Charlotte Mason ? Comment vous rejoint-elle ? S’il y avait l’une ou l’autre idée à intégrer dans l’éducation de vos enfants, laquelle choisiriez-vous ?

 

Pour aller + loin :

Je vous invite à lire ces deux ouvrages très accessibles écrits par Laura Laffon et qui représentent une excellent introduction ; la seule en français à ce jour

 

Il existe aussi de multiples blogs en français :

Une année avec Charlotte

Les petits homeschoolers : le blog de Laura Laffon

Poule ou Coq

Un festin d’idées : vous y trouverez des podcasts pour mieux connaître la pédagogie Charlotte Mason

 

Et en anglais :

Simply Charlotte Mason : Un cursus complet Charlotte Mason :

Wildwood curriculum  : Un cursus gratuit

Charlotte Mason poetry : Une mine de ressources

Des vidéos pour se former

 

Ainsi que des groupes Facebook :

La pédagogie Charlotte Mason pour les francophones : le principal groupe français

Charlotte Mason soirée : en anglais

Continue reading
Asterisk FONCEZ LIRE DES LIVRES PRATIQUES !
29/10/2018 Isabelle in SE RESSOURCER / No comments

Dans notre chère nation, lorsque le petit d’homme commence à déchiffrer, on lui fait lire des histoires. Pour l’attirer, lui donner envie de connaître la suite et donc l’amener peu à peu vers une lecture fluide en prenant le plaisir pour tremplin. C’est une méthode pleine de sagesse et loin de moi l’idée de la remettre en cause *. Plus tard, le jeune lit des énoncés, des manuels, il déchiffre les panneaux : il a une lecture plus utilitaire, même si on l’ouvre aussi à tout type d’oeuvres de fiction. Mais à aucun moment de son cursus, on ne va me semble-t-il (démentez-moi en commentaire ;-)) lui proposer en lecture suivie un ouvrage qui lui permette d’apprendre une nouvelle matière par lui-même, de A à Z. Ce que j’appelle les livres pratiques et dont j’aimerais vanter ici les mérites ! 😉

 

DES LIVRES EN « COMMENT »

Exemple de livres pratiques : comment devenir père ?

Molière…? Vous avez lu j’imagine ! Le manuel de physique de 4ème ? Aussi bien sûr, au moins les pages obligatoires. Mais qu’en est-il de : « Comment faire une maquette ? Organiser une réception. Apprendre le chant lyrique. Rénover sa maison. Ou élever son enfant » ? Ca, si aujourd’hui vous savez le faire, c’est que vous l’avez appris « à côté » de l’école. 

 

A QUOI BON INITIER LES ENFANTS A LA LECTURE DE LIVRE PRATIQUE ?

Certains diront que « ça ne regarde pas l’école », c’est de l’ordre de la passion. Cependant, force est de constater que la plupart du temps, c’est lorsqu’une personne cultive cette passion qu’elle se sent satisfaite de sa vie, qu’elle perçoit sa valeur ajoutée, et c’est même plus souvent qu’on ne le croit, ce qui la pousse vers un métier ou qui fait la différence lors d’un entretien d’embauche… Sur le marché du travail, avoir une passion fait la différence !

D’autres diront que ceux sont « des choses qui se transmettent » : qu’il faut qu’un connaisseur vous initie. Et encore une fois, je ne me permettrai pas de contester la voix du bon sens. Mais il arrive que parfois, on déchante et on se dit qu’au fond, on n’est jamais mieux servi que par soi-même, et que la prochaine fois, on apprendra en furetant sur le net ! 

Preuve qu’on sent quand même que dans tous ces apprentissages qui se font en dehors de l’école ou à l’âge adulte, ce qui nous plaît, c’est d’apprendre par nous-même. De suivre un désir, d’explorer, de tester, de se réajuster en ayant le résultat pour seul arbitre et la fierté comme récompense.

Ce processus, si sain, n’est-il pas un modèle d’apprentissage ? N’y aurait-il pas alors de l’intérêt à l’intégrer d’une manière ou d’une autre dans l’instruction ?

 

ON APPREND BIEN CE POUR QUOI ON EPROUVE UN INTERET

On le sait bien : on retient bien ce qui nous plait. Et cela nous plait car on y voit un intérêt. J’ai déjà parlé de l’énorme avantage qu’ont les gens qui ont cultivé la curiosité depuis leur plus âge (ou dont la curiosité naturelle n’a pas été étouffée par l’exigence de rentrer dans un moule). 

 

Je voudrais rappeler maintenant que lorsqu’on sait pourquoi on apprend quelque chose, et qu’on a
vraiment choisi de l’apprendre
, ce qu’on apprend a tendance « à rentrer comme dans du beurre », comme dit l’expression. Même si c’est du chinois ! Parce qu’à la clef, il y a l’usage qu’on va en faire, l’intérêt qu’on a à l’intégrer au plus vite pour pouvoir agir dans le sens que nous voulons vraiment.

 

DE QUOI J’AI VRAIMENT ENVIE ?

Cette question de « ce dont on a vraiment envie » est donc cruciale, c’est un moteur puissant d’action et de joie de vivre.

Mais elle pourra paraître ahurissante à certains. Car beaucoup d’entre nous passent leurs journées à courir et n’aspirent qu’à une chose : avoir « un peu de temps pour eux » qu’ils combleraient aisément avec tout un tas d’activités en attente.

Mais il existe, et c’est une réalité, une forte proportion de la population qui a du temps, beaucoup de temps, mais se sent démunie et sans ressort : ne serait-ce que les retraités, les chômeurs, les femmes qui ont élevé leurs enfants lesquels ont grandi et qui se retrouve sans activité et parfois en décalage par rapport aux exigences du marché du travail. On pourrait aussi éventuellement inclure certains adolescents qui n’ont pas d’activités extra-scolaires ni l’envie de traîner à tout prix avec un groupe pendant des après-midi entières. 

Dans tous les cas, ceux qui s’en sortent le mieux sont ceux qui se posent cette simple question, sans aucun jugement sur la réponse : de quoi ai-je VRAIMENT envie ? Qu’est-ce que je voudrais VRAIMENT faire ? C’est « la » petite question qui met en mouvement, pourvu qu’on la laisse « tourner » quelques temps dans sa tête. 

 

DEFRICHEZ ET LAISSEZ VENIR

Si cette question vous interpelle, je vous invite à laisser passer quelques jours, puis à mettre par écrit toutes les idées qui vous viennent à ce sujet : barrières intérieures, sentiments ambivalents, mais aussi envie profonde et idées de solutions pour la réaliser. Prendre une feuille et mettre à plat ses idées met en route le cerveau. Après cela, laissez infuser quelques temps et constater où vous en êtes et ce que vous pourriez faire enfin, pour vous !

Car la réponse est tapie derrière quelque part en vous, derrière un masque social, des attentes sociétales, de trop nombreuses exigences intériorisées, et -soyons clair- plus souvent qu’on ne le pense : un auto-sabotage par principe. 

 

PASSER A L’ACTION

Une fois qu’on s’est découvert une envie de jardiner, de coudre, d’apprendre la guitare, le japonais, l’écriture ou l’électricité, on n’est pas plus avancé si on reste là ! 

Certains trouveront à 50m de chez eux un club de guitare ou un voisin pour les initier. 

D’autres rejoindront un groupe Fb et achèteront la méthode Duolingo. 

D’autres iront chercher un MOOC ou une vidéo youtube 😉 

 

Mais il existe aussi un moyen très simple de commencer, connu de nos grands-mères, c’est de chercher des livres sur le sujet. Des livres… pratiques ! Des livres écrits par des gens qui ont atteint un stade d’expérience suffisant pour être capables de formuler et de déployer clairement leurs idées. 

 

 

LES AVANTAGES DU LIVRE SUR TOUT AUTRE SUPPORT

D’abord le livre, s’il a été publié, l’a été parce qu’un éditeur a jugé que l’auteur était suffisamment expert dans son domaine. En général, la source est assez fiable. Et si elle ne l’est pas, les critiques ne manqueront pas de le relever. Qu’il s’agisse de critiques journalistiques pour les ouvrages les plus connus, ou de commentaires de lecteurs comme on peut en voir à foison sur Amazon par exemple.

Ensuite, le livre comprend un sommaire ou une table des matières. On perçoit donc immédiatement le fil rouge de l’auteur, son intention. Ce qui nous permet de nous approprier sciemment le contenu mais aussi de ne piocher « que » ce qui nous intéresse. On peut cibler un chapitre et délaisser le reste. 

 

Enfin, le gros avantage du livre pratique sur tout autre support est selon moi le gain de temps : un auteur a rassemblé en quelques centaines de pages le meilleur de ses recherches sur le sujet. Et pour peu qu’on soit habitué à une lecture rapide, qui scane l’information, on peut très rapidement intégrer la pensée d’un expert.

 

LE RESUME, C’EST ENCORE MIEUX ?

Si l’optique est d’aller à l’essentiel en lisant des livres, on peut se demander si l’on ne gagnerait pas encore plus de temps en ayant « juste » la synthèse du livre, avec ses idées phares ? Car on sait bien que sur les quelques centaines de pages d’un livre pratique, il y a encore beaucoup de redites… et encore plus si l’auteur a une pensée circulaire, c’est-à-dire qu’il développe sa pensée en la survolant une première fois puis en creusant de plus en plus. Cette manière de faire permet de capter l’attention du lecteur avec des idées simples et accessibles au début, ce qui le met en confiance, puis de l’amener peu à peu vers la complexité.

On comprendra l’intérêt d’une application comme Koober qui propose des résumés de livres pratiques. Mais on comprendra aussi qu’il s’agit d’un « premier aperçu » et que quand le sujet nous intéresse vraiment, il est toujours intéressant d’aller se forger sa propre opinion en allant à la source.

 

 

Et vous, comment avez-vous appris ce qui fait aujourd’hui votre passion, votre valeur ajoutée ? Avez-vous lu un livre qui vous a initié ?

 

Continue reading
Asterisk 5 RAISONS POUR LESQUELLES LA CURIOSITE DEVRAIT ETRE UNE CAUSE NATIONALE
24/10/2018 Isabelle in TRANSMETTRE / No comments

« La curiosité est un vilain défaut ! », a-t-on rabâché aux enfants pendant des décennies, sans s’apercevoir qu’en blâmant leur curiosité , on les incitait à renoncer à leur principal point d’appui dans la vie. Et oui : comment s’engager dans la vie, persévérer dans une activité, et ne serait-ce que se remettre en question si on n’en éprouve pas l’intérêt et qu’on n’est donc pas, à la base, curieux ? Permettez-moi de vous présenter un petit -tout petit- répertoire des avantages de la curiosité.

 

LES ENFANTS CURIEUX REUSSISSENT MIEUX

Et oui, si la curiosité est cultivée dès l’enfance, elle est un moteur puissant. Tout est occasion de découvrir le monde, de se cultiver. L’enfant a envie d’essayer pour apprendre et progresser. De ce fait, il réussit avec plus de facilité et de rapidité que ceux qui agissent par devoir ou par contrainte.

 

LES ADULTES QUI LE SONT RESTES AUSSI !

L’enfant qui parvient à l’âge adulte en ayant gardé sa fraicheur, sa curiosité, sera naturellement porté à apprécier la vie et ses défis. Tout ce qu’il entreprendra sera pour lui l’occasion de progresser. Il saura trouver un intérêt en chaque chose. Et l’on sait que c’est la raison pour laquelle certains réussissent, là où d’autres échouent.

 

ETRE CURIEUX REND AFFABLE

Puisque la personne curieuse s’intéresse à tout, elle va mettre son interlocuteur à l’aise en l’invitant à parler de lui et en le relançant avec intérêt pour tirer au maximum partie de cette conversation. N’avez-vous jamais goûté à la joie, que dis-je à la fierté, d’avoir un interlocuteur qui s’intéresse vraiment à vous, auprès de qui vous semblez avoir de la valeur, qui vous rejoint dans vos centres d’intérêt et à qui vos savoirs semblent réellement apporter quelque chose ? Cette personne là, on l’apprécie et on s’en souvient.

 

 

LA PERSONNE CURIEUSE EST UN AMI CONVOITE

Cela fait de la personne curieuse un excellent ami. Vraiment à l’écoute (qui n’a jamais rêvé d’avoir un ami toujours intéressé par ce que vous lui dites ?). Mais aussi prompt à accepter les invitations (quelle nouvelle découverte va-t-il pouvoir faire à cette occasion ?) et à proposer des sorties intéressantes.

 

 

LA PERSONNE CURIEUSE EST UN UTOPISTE ACTIF

Etre curieux amène à s’intéresser à tout, et donc aussi à l’Essentiel : la sagesse, la préservation de la vie, l’accès de tous à des conditions de vie décente. Dès lors, la personne qui a adopté la curiosité comme mode de vie est sensible aux causes majeures et désireuse d’agir pour changer le monde, par souci de cohérence (mettre en accord ses pensées et ses actes).

Continue reading