Auteur : Isabelle

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Asterisk ANALYSE TRANSACTIONNELLE : TOUS DES PANTINS ?
14/03/2019 Isabelle in SE RE-DECOUVRIR / No comments

N’avez-vous jamais eu l’impression d’être un pantin ? D’avoir malgré vous une attitude qui ne vous ressemble pas ? D’avoir par exemple tantôt le comportement du petit enfant que vous avez été, tantôt celui de l’un de vos parents ? Et d’en éprouver un fort sentiment d’inauthenticité. Si vous aussi, vous souhaitez être juste vraiment vous-même, être maître chez vous, être adulte tout simplement, alors l’analyse transactionnelle peut vous apporter un éclairage précieux.

L’analyse transactionnelle, c’est quoi ?

Un outil pour décrypter les comportements

Derrière une parole, un acteur caché

L’analyse transactionnelle est avant tout un outil de développement personnel qui permet de mieux se connaître. Et pour être plus précis, il s’agit d’une grille de lecture des comportements. On apprend à déceler, dans la manière dont nous parlons, la personne cachée qui s’exprime vraiment : parent, enfant ou adulte.

Un outil en lien avec notre histoire personnelle

Si vous avez lu mon Ebook « Relire sa vie en 7 étapes », vous avez déjà un aperçu de ce qui fait votre histoire, l’importance que certaines personnes ont eu sur votre développement. Vous êtes maintenant conscients qu’en fonction des situations, nous avons tendance à adopter des « comportements types », comme si nous étions pris dans un schéma. Comme si nous rejouions indéfiniment des pans entier de notre vie que nous n’avons pas digérés.

Un outil de communication

Lorsqu’on parle d’analyse transactionnelle, on se réfère à un certain type de réaction que nous adoptons dans une circonstance particulière, en face d’une personne qui semble nous tendre une perche, parce qu’elle n’est pas exactement elle-même, mais qu’elle se met dans un rôle. Nous allons inconsciemment nous ajuster à ce rôle. 

Un ami, un collègue, est manifestement grognon aujourd’hui. Comment réagissez-vous ?

Comment ça marche ?

Nous adoptons inconsciemment des rôles

Dans son attitude, quelqu’un semble crier « à l’aide ! ». Que faites-vous instinctivement ?

L’analyse transactionnelle fait référence à des rôles qui prédisposent notre comportement en retour. Ainsi si quelqu’un vient à nous en se lamentant (elle se sent victime d’un bourreau, qu’il s’agisse d’une personne physique ou d’une situation), nous pourrions avoir naturellement l’instinct de la consoler et de chercher pour elle des solutions (nous revêtirons alors le rôle de sauveur). C’est un triangle qui s’instaure presque malgré nous. 

L’analyse transactionnelle nous permet d’en sortir

Le but de l’Analyse Transactionnelle ? Se ressaisir et accueillir tous les possibles

L’analyse transactionnelle invite à repérer ces rôles pour en sortir et adopter une attitude plus adaptée, qui nous permette de rester nous même tout en étant vraiment en relation. Dans l’exemple, nous pourrions écouter, compatir, encourager et renvoyer la personne à un questionnement qui lui permettra de trouver elle-même la ou les solutions pour s’en sortir. Le but est donc de prendre conscience de ce qui se passe par en nous et de choisir ce que nous allons dire et faire.

Les différents rôles dans l’analyse transactionnelle

Le parent

L’enfant a besoin de ses deux parents pour sa croissance. Sa survie et son équilibre psychique dépend d’eux, des bons soins et de l’affection qu’ils lui prodiguent. Les deux parents se partagent deux rôles, ou plutôt incarnent ces deux rôles successivement selon les circonstances.

Le parent nourricier

C’est celui qui console, réconforte, rassure le tout-petit qui s’est fait mal ou l’enfant qui traverse une difficulté, quel que soit son âge. Quand il incarne ce côté nourricier, il trouve les mots et les gestes qui rétablissent chez l’enfant la confiance et la paix et lui permettent ainsi de reprendre courage. 

Le parent nourricier cajole, réconforte et apporte à l’enfant le cocon dont il a besoin pour se sentir en sécurité

Le parent nourricier à l’extrême prend tout en charge à la place de l’enfant, quitte à l’assister alors qu’il est capable de faire par lui-même. Cette attitude est profondément nuisible car l’enfant a besoin de se frotter avec la réalité, de prendre des risques proportionnés à son âge pour se développer. 

Le parent normatif

C’est le parent qui pose le cadre et en rappelle les limites autant de fois que nécessaire, jusqu’à ce que l’enfant les aient intériorisées. Ces règles favorisent la structuration psychique de l’enfant, si indispensable a sa maturation.

Le parent normatif pose le cadre fondamental dans lequel l’enfant pourra déployer le meilleur de lui-même

L’enfant

L’enfant libre tout d’abord. Il est espiègle, spontané. Il aime jouer, taquiner, rigoler, rebondit sur chaque occasion pour goûter la vie.

L’enfant soumis ensuite. Il a intériorisé les règles et les applique scrupuleusement pour obtenir la reconnaissance et l’affection de ceux qui lui sont chers.

L’adulte

L’adulte se démarque de ces rôles car il jauge chaque situation et adapte ensuite son comportement en fonction. Il peut choisir de laisser parler en lui la partie normative, l’enfant libre… ou les deux, en trouvant une pirouette amusante pour faire passer son message ! L’adulte se caractérise par sa souplesse.

Bâtir sa vie comme on bâtit sa maison : faire du solide, tout en gardant sa légèreté

Comment parvenir à l’état adulte ?

S’observer

L’état adulte suppose l’activation en soi d’un observateur conscient et bienveillant. Il s’agit d’observer nos élans, nos automatismes, de chercher d’où ils viennent, puis de choisir de changer progressivement la donne, sur des points précis, pas après pas, pour reprendre notre vie en main. La pratique quotidienne de la méditation, ou juste une pause intérieure avant de nous exprimer, permettent de nous ressaisir et de traduire dans nos paroles nos choix libres.

Particulièrement dans les relations

Cet état s’exerce particulièrement dans les relations, qu’elles soient conjugales, professionnelles, éducatives. Souplesse, maturité, adaptabilité sont les secrets de relations épanouies !

Eduquer un enfant, c’est être avec lui, définir des limites dont il perçoit le sens, retrouver aussi sa propre âme d’enfant

Cet article vous-t-il aidé ? Avez-vous encore des questions ? N’hésitez pas à me les poster en commentaire !

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Asterisk UNE JOURNEE DANS MA VIE DE FAMILLE IEF
28/02/2019 Isabelle in TRANSMETTRE / No comments

C’est une idée qui circule sur les blogs de familles qui pratiquent l’école à la maison : raconter quasiment heure par heure une journée « lambda » de leur vie d’Instruction en Famille. Pour démythifier ce mode d’instruction. Pour se rassurer mutuellement : non, tout n’est pas parfait, lisse chez les autres tandis que chez soi, on ramerait. Pour expliquer aussi la pertinence de leur choix ou tout du moins favoriser la connaissance de la réalité de leur vie. L’exercice me semble pertinent, mais avant toute chose, je voudrais vous partager « grosso modo » notre organisation. Comme un repère. Après, c’est promis, je vous raconterai l’une ou l’autre journée !

Voir aussi : Pourquoi j’ai choisi d’instruire mon enfant en famille ?

NOS SPECIFICITES

Avant toute chose et pour que le tableau soit réaliste, voici quelles sont nos particularités. Car bien sûr, l’Instruction en Famille varie selon le mode de vie, le nombre d’enfants et leur âge, la profession des parents (et si l’un s’est arrêté de travailler ou pas) :

  • Un seul enfant, né en 2011
  • Deux parents en reconversion professionnelle pour devenir « digital nomade » : web développeur pour l’un, rédactrice web pour l’autre
  • La vie nomade : depuis septembre 2017, nous n’avons plus de logement fixe ; nous avons voyagé en Asie et Océanie, sommes revenus en France dans nos familles respectives, avons eu recours aux Airbnb. Nous repartons bientôt pour l’Asie. Bref : nous bougeons.

Voir aussi : Comment le voyage a changé ma vie

A QUELLE HEURE SONNE LE REVEIL ?

Il ne sonne pas ! On ne va pas se priver de l’un des atouts majeurs de ce mode de vie 😉 Ca ne veut pas dire que c’est « grasse mat’ » 365 jours sur 365. Mais plutôt que chacun vit à son rythme en fonction de ses besoins et des impératifs extérieurs. Mon conjoint apprécie de se lever tôt, voire très tôt (4-5h du mat’) ; notre bonhomme et moi nous levons plutôt vers 8h. Pas besoin de courir, la journée est longue. 

EN DEBUT DE MATINEE : CHACUN SA ROUTINE

Le matin, chacun a sa routine. Je fais ma gym et quand j’arrive dans la pièce commune, mon mari est depuis longtemps sur son ordinateur, casque sur les oreilles. Raphaël a déjà pris son petit déjeuner, il aime être tranquille, c’est le moment où les idées lui viennent. Il se concentre et dessine ou bricole. Je prends mon café dehors puis je m’isole et écris. Quand il y a un jardin, Raphaël sort jouer, construire un pont ou une cabane, ou sauter sur le trampoline quand il y en a un (son sport préféré).

Voir aussi : Instruction : comment mettre en place une routine ?

LE TEMPS DE TRAVAIL FORMEL

Se retrouver

En fin de matinée, Raphaël et moi nous retrouvons pour un temps de travail « scolaire ». Rapha rechigne par automatisme. C’est un rituel 😉 Nous nous posons pour boire un verre d’eau ou une tisane ; nous papotons ou bien je lis un passage de livre. Selon l’humeur, nous enchaînons sur quelques exercices : la « brain gym », pour se concentrer. Puis nous nous installons à un bureau, peu importe lequel (il y en a dans les hôtels, les Airbnb, partout..).

La lecture

En général, nous commençons par de la lecture à voix haute. Je me mets donc à gauche de Raphaël, pour pouvoir si besoin mettre mon doigt sur un mot. En ce moment, nous lisons « Picouic et Tigrelin en Europe », l’intrigue l’intéresse et il apprécie d’apprendre de nouvelles choses (c’est un livre qui fait de la géographie, de l’éducation civique, et apporte des éléments de culture générale). 


Je relis le passage pour qu’il l’entend en entier, pour le plaisir, puis Raphaël répond aux questions à voix haute.

L’écriture

Vient ensuite l’écriture. Je change de place et me mets à droite de Raphaël… car il est gaucher. A l’heure actuelle (niveau milieu de CE1) nous avons un seul cahier. Raphaël écrit la date puis quelques éléments qu’il devra retenir (conjugaison, orthographe à partir de CE livre ludique : au bout de 4 séances d’écriture, nous faisons une dictée.

Ou alors, nous prenons le fichier de français que nous avons choisi. Cela change : il s’agit de lire la leçon et de compléter les exercices. C’est aussi un repère d’évolution. Raphaël écrit alors la date en chiffres.

Les maths

Il arrive que cela fasse déjà beaucoup. Dans ce cas, Raphaël fait un dessin dans son cahier, et nous remettons la séance de math à « après le goûter ». Elle consiste en général en : un peu de calcul mental et un ou deux problème du ficher que nous avons choisi.

Ou alors, pour changer, nous faisons, comme pour le français, une partie du « programme » dans le fichier que nous avons choisi.

Une structure repère

Cette structure est un repère. Elle évolue en fonction des besoins. Par exemple, la dictée a été un gros morceau. A cette période là, je ne proposais en math qu’un peu de calcul mental, pour ne pas alourdir Rapha (voire le mettre en échec). L’avantage de l’Instruction en Famille, c’est qu’on a le temps. Et ce qui est posé une fois est vraiment posé. C’est du moins ce que j’observe avec notre enfant.

Voir aussi : Comment commencer le travail formel ?

DE LONGUES APRES-MIDI POUR FAIRE « AUTRE CHOSE »

Au niveau CE1, le travail s’arrête là. L’après-midi, voici nos différentes activités possibles :

  • Rapha joue, lit une Bd, regarde un documentaire, pendant que nous, parents, nous travaillons
  • Nous nous baladons en famille dans la nature (forêt, champs,…) : c’est un besoin et un plaisir
  • Nous allons au square (un point de repère qu’on trouve dans à peu près tous les pays) : le « temps de Loulou » pendant lequel nous, parents, nous débriefons
  • Nous invitons des amis pour Rapha (et on discute entre adultes)
  • Nous allons à la bibliothèque (nous sommes d’excellents clients, quel que soit le point du globe !)
  • Nous visitons ensemble une ville, un lieu à proximité (facilement une fois par semaine)
  • Nous allons aux rencontres d’enfants non-scolarisés, puisqu’il existe des associations partout en France, et dans tous les pays : j’ai le réflexe de chercher sur Fb s’il y a des familles à rencontrer
  • Nous allons à la pêche aux activités alentours, notamment pendant les week-ends et vacances scolaires

UN CALENDRIER ULTRA SOUPLE

Le gros avantage de l’Instruction en Famille, c’est qu’elle se déroule dans la vraie vie.

En IEF, on fait feu de tout bois, on apprend à partir de ce qui est, et chacun apprend en fait. Pas seulement l’enfant, mais les parents aussi. Par exemple, si en se baladant en ville, on voit quelqu’un qui travaille sur la chaussée, et que notre enfant s’interroge, on essaie d’entamer la conversation directement avec la personne qui travaille. C’est elle l’experte. Et nous sommes les apprenants, au même titre que notre (nos) enfant(s).

Dans la vraie vie, il y a aussi des jours « sans » (enfant ou parent malade), des jours où on bouge, des soirées entre amis qui se prolongent jusque tard, des impératifs pro ou technique.

Enfin, il y a de très nombreux jours où « on n’a pas envie de s’y mettre » , « on est de mauvaise humeur » (enfant… ou parent). C’est ça aussi la vraie vie ! Comment on fait, dans ces moments-là ? J’aurais l’occasion de vous raconter ça dans une de mes « vraies journées IEF »… !

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Asterisk ENNEAGRAMME : QUI ETES-VOUS VRAIMENT ?
06/02/2019 Isabelle in SE RE-DECOUVRIR / No comments

L’enneagramme, du grec ennea (neuf) et gramma (point), est un outil ancestral de connaissance des caractères humains. Mais c’est seulement à partir des années 1970 qu’il a été largement diffusé en Occident. Selon l’enneagramme, les caractères humains sont répartis en neuf « types », chacun de nous en choisit inconsciemment un dans l’enfance. Quand on connaît le « type » d’une personne, on sait pourquoi elle agit, ce qu’elle vise, ce qu’elle est amenée à éviter de manière compulsive, mais aussi (pour une part) ce qu’elle peut développer comme étant le meilleur d’elle-même. Cette méthode est tellement précise, ses domaines d’application si vastes (pour se connaître, communiquer en couple ou en entreprise), qu’elle mérite qu’on en saisisse les principaux traits.

SYMBOLE

L’enneagramme est représenté par un cercle et neuf points numérotés comme ceci :

Les neuf types sont représentés par des numéros, avec des connexions les uns aux autres

9 TYPES – 3 CENTRES

Sur le cercle de l’enneagramme, les 9 types sont répartis en 3 centres, qui comprennent chacun 3 types. Les 3 types d’un même centre partagent une même focalisation : 

  • Le centre instinctif, celui des types 8,9 et 1, évoque un rapport privilégié à la colère, soit qu’on l’exprime de manière brute et extérieure, soit qu’on la retourne contre soi, soit qu’on l’évite à tout prix
  • Le centre émotionnel, celui des types 2,3 et 4, se réfère à un lien émotionnel prépondérant face à l’action, aux situations et aux autres
  • Le centre cérébral, des types, 5, 6 et 7, fait référence à un rapport cognitif au monde, à l’action, aux autres

UNE ORIENTATION VERS L’EXTERIEUR ET-OU L’INTERIEUR

Au sein de chacun de ces centres, un type va être davantage porté :

  • vers l’extérieur, vers les autres, vers l’action, vers le monde (les types 8, 2 et 5)
  • vers l’intérieur, le plus important étant en soi (les types 1, 4 et 7)
  • vers les deux en même temps… en ressentant un tiraillement (les types 9, 3 et 6).

EVITER UNE PART « D’OMBRE »

Ne pas se voir, ne pas oser regarder une partie de soi qui nous gêne

Chacun de nous est motivé à agir pour éviter quelque chose qui lui semble trop affreux. C’est souvent inconscient mais c’est bien réel et les personnes qui sont d’autres types ne peuvent pas le comprendre. On agit en partie pour éviter d’avoir mal et en l’occurence :

  • Le 1 se blinde contre la colère qu’il ressent contre lui-même, colère de ne pas être exactement à la hauteur de son idéal
  • Le 2 refuse de reconnaître qu’il a des besoins ;  il s’épuise dans le service des autres, tout en attendant tacitement d’eux la reconnaissance qu’il est quelqu’un d’exceptionnel
  • Le 3 est effondré par la perspective de l’échec ; il enchaîne les succès extérieurs, visibles, dans lesquels il croie trouver sa valeur
Le 3 s’est construit sur ses succès ; si l’extérieur ne lui renvoie pas sa valeur, il s’effondre
  • Le 4 est écoeuré par la banalité et préfère vivre un désespoir intense qu’une morne routine ; il aspire là encore à être exceptionnel
  • Le 5 panique à l’idée du vide intérieur; il accumule les connaissances pour éviter de s’y confronter ; c’est la peur qui l’engage à savoir toujours plus
  • Le 6 redoute la déviance, le fait de ne pas être exactement conforme à la règle et d’être rejeté pour ses manquements ; il se suradapte mentalement pour correspondre aux attentes du groupe
Le 6 redoute le regard du groupe sur lui
  • Le 7 fuit frénétiquement la souffrance, il enchaîne les actions stimulantes, plaisantes, pour échapper à la perception mentale de sa finitude
  • Le 8 rejette sa faiblesse, instinctivement, il affirme donc avec vacarme qu’il est fort, juste et qu’il a raison
  • Le 9 se protège des conflits ; il adopte une position consensuelle qui lui évite de s’affirmer, de trancher, et de déplaire
Le 9 voudrait être aimé de tous

LA « VRAIE » MOTIVATION A L’ACTION

En miroir, on agit donc aussi en fonction de quelque chose qui nous attire plus que tout, et qui n’est pas rationnel, objectif, perceptible du dehors.

Et si on agissait en fait pour de mauvaises raisons, des raisons imperceptibles, qu’on se voile à nous-même ?
  • Le 1 voudrait tellement qu’on le reconnaisse pour la qualité de son action
Le 1 tâche d’agir parfaitement
  • Le 2 attend qu’on perçoive son dévouement pour les autres
  • Le 3 désespère que ses succès lui permette d’être reconnu pour sa valeur
  • Le 4 pleure dans l’attente que sa différence soit perçue et appréciée
  • Le 5 force l’accumulation de connaissances pour échapper à la sensation du vide intérieur
Le 5 le nez fourré dans ses livres !
  • Le 6 poursuit fébrilement un but : être valorisé pour sa droiture qui lui garantirait l’intégration, l’acceptation, l’amour inconditionnel
  • Le 7 s’immerge dans une joie de vivre qui masque sa peur fondamentale de la mort
  • Le 8 vise l’affirmation de sa force quitte à tout détruire sur son passage, sans scrupule
Le 8 s’affirme. Un côté « rouleau compresseur » ?
  • Le 9 affiche indéfectiblement une paix intérieure qui cache une fragilité abyssale, le 9 ne sait pas exactement qui il est

LE TYPE DANS SA VERSION BRUTE

Le type dans sa version « brute » : une version animale de nous-même, réagissant à l’instinct, sur la défensive ?

On le voit bien, d’après ces types, chacun porte en soi un potentiel de névrose ! Il peut exister une obsession inconsciente à rechercher sa valeur, à fuir le vide intérieur, à gérer la colère ressentie. Chacune de ces obsessions peut être rattachée à un des « péchés capitaux » en lien avec la tradition judéo-chrétienne. Selon notre type, nous allons avoir tendance à être plus sensibles, réactifs à l’un ou l’autre :

  • Le 1 va se cristalliser sur la quête de la perfection pour lui même, et tomber malgré lui dans la colère quand il ne l’atteint pas
  • Le 2 qui se donne excessivement aux autres croit que lui, n’a pas de besoins. L’orgueil n’est pas loin…
Le 2 est toujours prêt à vous aider (même si vous ne lui demandez rien !)
  • Le 3, en multipliant les succès, va développer une forme de vanité et un penchant pour le mensonge : il est prêt à tout pour réussir… et ainsi trouver ce qu’il cherche vraiment derrière ce manège : la reconnaissance de sa valeur
  • Le 4, dans sa quête de différence, glisse tendancieusement vers la mélancolie, le rêve d’être à part ; il envie les autres
Le 4 est ressent tout intensément, il envie les destins particuliers, il jubile quand sa différence est perçue
  • Le 5, qui accumule des connaissances dans l’abstrait, pourrait bien devenir avare, et se détacher peu à peu du monde concret
  • Le 6, qui cherche à être reconnu comme étant une personne fiable, va douter de tout, et d’abord de lui-même mais aussi du monde qui l’entoure ; la peur est son guide
  • Le 7, pour éviter de souffrir, va enchaîner les expériences plaisantes et tomber dans l’intempérance
Le 7 a soif d’expériences plaisantes, son appétit de vivre est insatiable
  • Le 8 se vengera de celui qui lui aura révélé sa faiblesse, et il le fera avec excès…
  • Le 9, éternel consensuel, fuyant les conflits, peine à se décider et finit par ne pas agir, sombrant dans la paresse

LE MASQUE

Le masque nous colle à la peau. On croit qu’il nous protège, que les autres ne le voient pas et pourtant, il est flagrant !

En situation de stress, nous allons déployer un masque, une attitude qui permet de cacher nos vraies motivations. Nous sommes dans le déni et le parfait mécanisme de défense.

  • Le 1, qui a montré malgré lui qu’il n’était pas parfait, veut cacher qu’il est piqué au vif. Il fait comme si il n’était pas en colère mais ça se trahit malgré lui
  • Le 2 qui se donne tant aux autres, finit par croire sincèrement qu’il n’a pas de besoins. Cet oubli de soi peut générer des maladies (le corps parle puisqu’on n’en prend pas soin), de la rancoeur mal dissimulée, du mépris pour les autres
  • Le 3 qui attend désespérément la reconnaissance de sa valeur dans ses succès, est complètement dépendant de l’avis des autres sur lui. S’il n’est pas adulé, il peut sombrer dans la dépression
En situation d’échec, le 3 se voit comme un loser
  • Le 4 est débordé par ses sentiments, l’envie qui le ronge
  • Le 5 se replie sur lui, se confine dans le travail intellectuel et l’observation.
Le 5 réfléchit et observe, indéfectiblement
  • Le 6 envisage le pire
  • Le 7 se crée une logique parfaite qui anesthésie sa souffrance.
  • Le 8 ne fait plus confiance qu’à lui-même ; tous les autres ont tort par principe
  • Le 9 se réfugie dans des addictions pour éviter de regarder la colère qui monte en lui et qu’il ne saurait pas gérer

LA FORCE DE CHAQUE TYPE

Heureusement, si nous portons tous des attentes inconscientes, au-delà des mots, et qui peuvent nous ronger, notre type est aussi porteur de forces spécifiques, que nous arriverons d’autant mieux à déployer que nous nous connaissons vraiment ! Le travail de connaissance de soi nous équilibre et nous permet de déployer le meilleur de nous-même.

  • Le 1 qui se connaît et s’accepte est une personne de confiance, capable de porter des responsabilités et de se donner de manière ajustée
Un type à l’état d’équilibre se donne en fonction de ses talents et en se respectant vraiment
  • Le 2 qui a reconnu ses besoins est une personne à la fois généreuse et qui sait dire non pour se respecter
  • Le 3 qui ne recherche plus à tout prix sa valeur dans le succès reste une personne taillée pour l’action, l’entreprise
  • Le 4 qui s’est regardé avec bienveillance, qui s’est reconnu comme unique et aimable, pourra exercer son talent créatif spécifique et en tirer beaucoup de joie
  • Le 5, lorsqu’il a contacté ses sensations, lorsqu’il n’est plus simplement dans sa tête, lorsqu’il s’est enraciné, est une personne érudite et perspicace
Sortir des perceptions uniquement cognitives
  • Le 6, qui a aussi fait l’expérience de l’enracinement, de la relaxation, peut s’accepter avec ses forces et ses faiblesses, renonçant à s’identifier à la règle. Cela fait de lui une personne loyale, sur laquelle on peut compter, qui cerne les caractères et qui a des intuitions pertinentes
  • Le 7 qui a traversé sa souffrance est une personne joviale, qui relève des défis, dont l’enthousiasme est porteur
  • Le 8 qui reconnaît sa vulnérabilité peut mettre sa force bien réelle et très puissante au service des autres
  • Le 9 qui reconnaît qui il est, quelles sont ses valeurs, ce qu’il veut, et qui met ses actions en accord avec elles, est une personne ouverte à tous, avec de grandes capacités d’écoute, qui sait ménager les avis de chacun pour trouver un juste milieu satisfaisant pour tous

LES AILES ET LE POTENTIEL D’EVOLUTION

Les circonstances de la vie nous amènent à évoluer, à changer de perspective

Tout au long de notre vie, notre expérience nous amène à évoluer. Nous sommes amenés à développer des talents supplémentaires. D’après l’ennéagramme, nous nous approprions les talents de l’un ou des deux types les plus proches du notre. Un type 9 peut développer une « aile » 8, en s’affirmant et en exprimant sa force. Il peut aussi se rapprocher du type « 1 » en devenant très attentif à agir parfaitement, consciencieusement.

Par ailleurs, et c’est ce que signifient les « flèches » dans le cercle, chaque type est relié à deux autres types. En état de stress, nous pouvons développer l’attitude compulsive de ces types. Mais en état dévolution harmonieuse, nous nous équilibrons en nous ouvrant aux talents liés à l’un ou l’autre. Ainsi, et de plus en plus au cours de notre vie, nous nous assouplissons et contactons d’autres types que notre type de base.

Dans la vie, nous poursuivons des quêtes, nous atteignons des sommets, nous franchissons des montagnes, et tout cela nous rend plus souples, plus humbles, plus proches les uns des autres

L’ennéagramme est pour conclure une grille de lecture complexe, qui aborde sans détour les possibles névroses de la nature humaine, tout en ouvrant sur ses forces, sa richesse, sa diversité. C’est un outil qui conduit à la connaissance de soi, qui contribue au développement personnel et à améliorer sa communication et ses relations en général.

Je vous ai donné ici un aperçu avec mes mots, mon appréciation. Il existe de nombreuses écoles, de grands auteurs pour aller plus loin, et aussi une notion que je n’ai pas abordée ici pour ne pas alourdir l’article, celle des « sous-types », que j’aborderai bientôt.

Si cet article vous a plus, n’hésitez pas à le commenter et à la partager !

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Asterisk LA SOPHRO-ANALYSE, UNE THERAPIE NOVATRICE
05/02/2019 Isabelle in SE RE-DECOUVRIR / No comments

Si vous avez lu ma présentation, vous savez que j’ai suivi une formation en sophro-analyse avec l’Institut Européen de Sophro-Analyse. Il est temps de vous expliquer de quoi il s’agit 😉 J’inaugure avec cet article une série sur les accompagnements « alternatifs », ceux qui ne rentrent pas dans les « cases » habituelles.

LA DEMARCHE THERAPEUTIQUE CLASSIQUE POUR CHANGER

La personne se heurte à ses problèmes

Comme dans la plupart des psychothérapies, la personne qui vient consulter en sophro-analyse arrive avec une problématique qui la dépasse et avec laquelle elle se débat.  Elle partage tout haut (parfois pour la 1ère fois) ce qu’elle se raconte d’habitude intérieurement. Cela lui permet :

  • de remettre de l’ordre dans ses idées, ce qui va diminuer sa tension émotionnelle
La personne se confie, cela la détend ; le thérapeute pose les questions qui favorisent les prises de conscience. On se situe au niveau cérébral.
  • de prendre conscience que ce qu’elle se raconte répond à une logique qui lui est personnelle… avec des références, des points d’appui qui sont autant d’évidences jamais interrogées. En questionnant ces non-dit, ces évidences, en les rapprochant de la réalité, des faits, la personne va sortir d’un prisme unique et s’ouvrir à d’autres perspectives. Elle va élargir son regard.
  • d’assumer la responsabilité de ce qui lui arrive, de faire des choix qui lui correspondent plus, d’entretenir des relations satisfaisantes et se détendre.

L’outil majeur de ce travail de pacification est la ligne de vie. Vous pouvez faire un 1er pas dans ce travail de relecture en suivant les indications que je vous partage dans mon Ebook : « relire sa vie en 7 étapes ».

LA DEMARCHE D’INTEGRATION DU RESSENTI POUR ETRE TRANSFORME

La sophro-analyse s’appuie également sur la sophrologie. Le praticien apprend à la personne qui vient le consulter à :

  • se relaxer
  • écouter ce qui se passe dans son corps 
  • prêter attention aux tensions qu’elle ressent
  • débloquer ces noeuds énergétiques, notamment par la visualisation
Le sophro-analyste apprend à se détendre et à prêter attention aux signes que nous envoie notre corps

En sophro-analyse, le travail se fait donc non pas seulement sur le « mental » (le dialogue seul), mais en accueillant les ressentis dans un état de relaxation (état sopho-liminal) dans lequel la personne est réceptive aux évocations, souvenirs, images que lui renvoient son Inconscient et qui favorisent la transformation.

L’objectif du praticien va être de favoriser la pacification intérieure et d’accompagner la personne qui le consulte vers Qui Elle Est Vraiment.

L’objectif de la sophro-analyse : libérer le potentiel de vie présent en chacun

QUELQUES OUTILS SUPPLEMENTAIRES

Pour accompagner les personnes dans cette exploration d’elles-mêmes, le sophro-analyste utilise aussi :

  • L’ennéagramme
  • L’analyse transactionnelle
  • Le processus d’investigation de Katie Byron
  • La cohérence cardiaque
  • La méditation
  • L’activation en soi d’un observateur conscient et bienveillant : je vois ce qui se passe, j’observe, j’accepte, je me situe et je m’ouvre à ce qui est bon en moi et en l’autre.
  • La gratitude, qui implique à la fois le corps et l’esprit et favorise la pacification

Chacun de ces outils est détaillé pour que la personne se l’approprie et qu’elle devienne actrice de sa transformation.

Cet article vous a-t-il intéressé ? Vous avez des questions ? N’hésitez pas à me les partager en commentaire ! De mon côté, je vous proposerai un article pour chacun de ces outils de développement personnel.

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Asterisk LA TRANSE GENERATIVE POUR CREER DES POSSIBLES
14/01/2019 Isabelle in SE RE-DECOUVRIR / one comment

Dans son ouvrage L’hypnose générative, Stephen Gilligan, un élève de Milton Erikson, explore l’expérience du flow créatif.

Ca vous paraît « jargoneux » ? C’est effectivement peu commun et pourtant, tout est dit dans le terme : il s’agit de favoriser en soi le flux (la circulation) de tout ce qui va pouvoir générer (amener) de la création (des solutions alternatives à un problème, une manière nouvelle d’aborder une situation ou de se percevoir soi-même). Pour moi, cet état peut être atteint en auto-hypnose et produire des résultats stupéfiants. Voici en quoi il consiste, plus en détails.

L’ETAT DE TRANSE

La personne qui entre en transe se sent aspirée en elle, son attention est focalisée sur ce qui se passe à l’intérieur

Il s’agit d’abord d’un état d’hypnose donc de « transe » : la personne est là, elle entend ce qui se passe mais elle est davantage portée au-dedans d’elle-même et réceptive à son inconscient qu’à la partie rationnelle, logique, consciente d’elle-même

HYPNOSE CLASSIQUE VS HYPNOSE GENERATIVE

Dans L’HYPNOSE TRADITIONNELLE, la personne arrive avec une demande, une intention de travail et elle consent à ce que le thérapeute intervienne sur elle. Ensuite c’est lui qui va la faire entrer en transe et dialoguer avec sa partie inconsciente. La personne est donc réceptive. Il arrive même parfois qu’elle oublie ce qui s’est dit en séance. 

Dans l’hypnose classique, le praticien intervient ; il est au centre de la thérapie et favorise la réintégration au niveau inconscient.

Dans L’HYPNOSE GENERATIVE, la personne arrive avec une demande, une intention de travail. Mais elle est aussi partie prenante du travail. Elle dialogue avec le thérapeute pendant toute la séance. Elle exprime ce qui lui vient : les images, les rapprochements, les souvenirs. C’est elle qui apporte la matière et contribue sciemment à son rétablissement

Dans l’hypnose générative, le praticien est un partenaire. Il rejoint le patient qui va s’exprimer et trouver tout au long de la séance les ressources qu’il cherche pour sortir de ses difficultés

LA PLACE DE L’HYPNOTHERAPEUTE DANS L’HYPNOSE GENERATIVE

Le thérapeute se situe davantage comme accompagnant. D’abord il invite la personne à écouter ce qui se passe dans son corps et à trouver un lieu d’ancrage intérieur : son centre. Le travail ne peut se faire que si la personne est profondément en elle-même. Là, il lui suggère de visualiser une boule de lumière, de feu, d’intense rayonnement. Bref une image qui concrétise la force intérieure dont nous sommes animés quand nous sommes unifiés : tête, coeur, corps.

Par la suite, le thérapeute reformule les attentes, les ressentis, ce qui est dit à chaque étape et invite à l’accueillir pleinement.

Il propose aussi des exercices qui allient l’imaginaire et le déplacement dans l’espace. 

Etre centré et envisager tous les possibles

Il est là pour débriefer, exprimer de la gratitude, faire miroir aux découvertes de la personne sur elle-même.

DES EXERCICES QUI ALLIENT VISUALISATION (IMAGINAIRE) ET DEPLACEMENT DANS L’ESPACE

Typiquement, la personne ouvre les bras pour s’ouvrir à une partie de soi. Et-ou elle pose la situation dans un cercle qu’elle visualise devant elle : elle entre dedans, fait un pas de côté, tourne autour. Ces termes en eux-mêmes sont parlant. Concrètement :

La personne est ancrée et peut presque tenir une boule d’énergie en son centre
  • S’il s’agit d’un problème, la personne extériorise la situation et la perçoit sous différentes facettes.
  • S’il s’agit de réconcilier plusieurs parties en soi (pouvoir à la fois travailler et lâcher prise, par exemple), la personne les pose à deux points du cercle et passe de l’une à l’autre. En marchant, des images surgissent, des ponts se font.
  • S’il s’agit de guérir d’une addiction, les exercices amènent à accueillir la signification, l’attente positive, le besoin réel sous-jacent, afin de créer une autre manière d’y répondre.

Elle est invitée à faire les gestes 3 à 4 fois plus lentement que la normale. Car ce ne sont pas des gestes posés dans le cadre habituel de la vie, mais des gestes évocateurs, signifiants, qui sont censés provoquer des changements de perceptions et transformer profondément la personne qui les vit. De fait, lorsqu’elle se meut dans l’espace, lorsqu’elle « tourne autour » de sa situation problème au ralenti, quelque chose aussi en elle. 

L’EXERCICE DE LA BOULE D’ENERGIE

Dans cet exercice, la personne visualise en elle la boule d’énergie, puis en imagination, elle la place devant elle. Elle intègre dans cette boule sa situation problème. Et elle va faire plusieurs tours au ralenti. 

Du centre provient une énergie qui irradie (visualisation)
  • Pendant le 1er tour, elle dépose intentionnellement dans cette boule des ressources de tendresse
  • Pendant le 2ème tour, elle y dépose des ressources d’ardeur active
Tourner lentement dans un sens, dans l’autre, comme vous le sentez
  • Pendant le 3ème tour, elle libère son enfant libre, des ressources d’espièglerie  
  • Et enfin pendant le 4ème tour, elle mélange toutes ces ressources
L’hypnose générative apporte une impression puissante d’unification

Quand cet exercice est fait, lentement, la personne reprend la boule d’énergie et la replace en elle.

LA PORTEE DE L’HYPNOSE GENERATIVE

Cette technique permet de réaliser la puissance du fait d’habiter son corps, de rentrer en soi profondément, d’interroger d’autres connexions que celles de la pensée logique, et de marier l’imaginaire, le sens des mots, des images et des mouvements.

De nouvelles connexions se font !

J’ai conscience que cela peut paraître ésotérique à plus d’un, car c’est une manière de résoudre un problème peu commune, et dont la forme peut paraître déroutante. Pourtant, cela favorise l’acceptation de soi et une intégration de toutes les ressources dont chaque personne dispose. Celles du coeur (on sollicite la tendresse, la compassion), de l’instinct (la force active), du jeu (la fantaisie, le rire, sont des moteurs efficaces en résolution de problèmes !), de l’imaginaire, du mouvement

Qu’en dites-vous ? Avez-vous déjà expérimenté l’hypnose générative ou fait des exercices qui s’en rapprochent ? J’attends vos témoignages !

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Asterisk INSTRUCTION EN FAMILLE : COMMENT COMMENCER LE TRAVAIL « FORMEL » ?
13/01/2019 Isabelle in TRANSMETTRE / one comment

Dans cette série d’articles sur l’Instruction en Famille, je vous partage les raisons de notre choix, notre parcours, notre organisation, nos outils. C’est pour moi l’occasion de regarder tout le chemin accompli, l’expertise développée (si si, pas de fausse modestie !) et les objectifs à se fixer pour progresser encore !

Après avoir évoqué dans un 1er article les raisons de notre choix, puis dans un 2ème article notre organisation en Petite et Moyenne Section, je vous parle ici de l’IEF à partir de 5-6 ans, lorsqu’il devient possible d’instaurer une « routine de travail » (voir mon article sur la routine en instruction en famille) et d’entrer dans les apprentissages dits fondamentaux : lire, écrire, compter. 

LE « TERRAIN » EST DEJA PREPARE

Quand je dis que l’enfant peut « entrer » dans les apprentissages fondamentaux à partir de 5-6 ans (avec des enfants qui sont prêts dès 4 ans, d’autres qui seront mûrs vers 7 ans), cela ne veut pas forcément dire qu’il ne s’est « rien » passé jusque là. Le « terrain » a pu être préparé :

POUR LA LECTURE…  

Lui lire des livres dès le plus jeune âge pour l’amener à avoir envie de lire par lui-même
  • Par le fait de s’entendre lire de nombreux livres (ah… les vertus de l’histoire du soir !), avec des histoires qui permettent de développer l’imaginaire, d’engranger la « mécanique du récit », du vocabulaire, et de faire le lien entre les mots écrits et les mots prononcés
  • Par le fait de lire les panneaux, les devantures de magasin. De mettre la lecture dans le quotidien.
  • Par le fait de voir les parents lire (l’enfant aura envie d’imiter ses parents, surtout s’ils ont l’air d’y prendre plaisir)
  • Par le fait de manipuler des lettres (magnétiques sur le frigo ou rugueuses)
Lire pour soi, pendant la sieste, dehors pendant que l’enfant joue, etc. (Nb : ça marche même sans la robe et le décor !)

POUR L’ECRITURE….

  • Par le dessin : le fait d’avoir l’habitude de manipuler  un crayon, de tracer des traits, des ronds, des vagues (tout ce qu’on appelle « pré-écriture »), de colorier, de s’absorber avec joie dans cette tâche
  • Par les travaux manuels : découpage (le maniement des ciseaux muscle la main et amène à progresser en précision), peinture, pâte à modeler (parfait pour muscler les petites mains), collage de gommettes, bricolage, jeu de perles, etc…
  • Par de la gymnastique des doigts, avec la méthode Danielle Dumont
Le coloriage est une activité de « pré-écriture » qu’on fait faire aux enfants à l’école et qu’on propose naturellement à la maison

POUR LES MATHS….

  • Par le fait d’observer que dans la vraie vie, on est amené à compter : pour faire une recette de cuisine, partager un gâteau, faire des achats, savoir combien de temps il nous reste, etc.
  • Par le fait d’apprendre la comptine numérique si ça amuse l’enfant (connaître par coeur le dénombrement, de 1 à 5, puis à 10, à 20, à 100. Souvent les petits rivalisent dans la maîtrise de cette « chanson »)
Jouer avec des chiffres amusant. L’enfant apprend l’air de rien.

Voilà pour les « matières ». Mais ce qui se passe avant 5-6 ans pour un enfant qui évolue en Instruction en Famille, c’est aussi une maturation du cerveau par le jeu libre, les larges plages horaires dehors, au contact de la nature, les interactions avec des personnes de tous âges et un sommeil de qualité (le matin, l’enfant dort autant qu’il en a besoin ; fait des siestes s’il ressent de la fatigue…). Quand l’enfant a eu cette possibilité jusqu’à 5-6 ans, il est en général demandeur de « plus » ou en tous cas on peut percevoir qu’il est prêt à passer tranquillement vers une autre phase qui va l’amener à progresser.

L’enfant en IEF passe beaucoup de temps à jouer, rêver, quand il est petit, ce qui contribue à la maturation de son cerveau

LES APPRENTISSAGES INFORMELS AU-DELA DE 5-7 ANS

Les parents qui cheminent avec les apprentissages informels amorcent alors naturellement cette transition en répondant aux attentes de l’enfant : apprendre un instrument de musique, lire, trouver des informations sur tel ou tel sujet. L’enfant grandit et entre dans l’abstraction. Le parent qui est attentif trouvera les moyens de mettre à sa portée ce qui le nourrira.

Cette démarche suppose une attention aux détails (où est-ce que mon enfant en est ? Quelle est son attente, verbalisée ou non ?), une créativité dans les propositions (quoi proposer… sans imposer ?), une réelle confiance (les apprentissages se feront, à un rythme parfois déroutant -si l’entrée dans la lecture se fait vers 9 ans par exemple- mais cela correspondra vraiment aux besoins ressentis de l’enfant : il apprendra lorsqu’il y sera réellement disposé). 

Les enfants apprennent dans la vraie vie, au gré des discussions, quand ils en ressentent le besoin

Pour découvrir ce mode d’accompagnement global de l’enfant, je vous engage à consulter les blogs anglophone de Pam Laricchia : Linving Joyfully et francophone de Marion Billon : Les enfants avenir.Et à lire le livre témoignage d’André Stern : …et je ne suis jamais allé à l’école.

CONSTRUIRE UN RITUEL DE TRAVAIL, PEU IMPORTE LE CONTENU (CHEZ NOUS, L’ECRITURE UNIQUEMENT)

Pour commencer, proposer de petites plages horaires de travail chaque jour de la semaine

De mon côté, j’ai fait le choix de proposer un rituel de travail à partir de la Grande Section.

A l’époque, mon fils n’était pas du tout attiré par le dessin mais il avait une excellente mémoire, et l’envie d’apprendre. Nous sommes donc passés tout de suite à l’écriture…. et uniquement l’écriture. En effet, je ne me voyais pas demander « aussi » à mon fils d’apprendre à lire et à compter. L’écriture était notre travail. Cela durait 20 minutes. A ce stade, c’était déjà beaucoup.

A cette période, nous avons passé beaucoup plus de temps dans la nature. L’effort fourni pour entrer dans l’écrit demandait en parallèle de grandes plages horaires de détente, de décontraction du corps.

Voici quel était notre rituel : nous entamions tout d’abord par quelques exercices de gymnastique des doigts.

Si c’était à refaire, j’ajouterais ce rituel de gymnastique qui favorise le bon fonctionnement du cerveau et la concentration.

Puis nous récitions la comptine du positionnement sur la chaise : le dos droit, les pieds sur la barreaux de la chaise, les mains sur la table, je respire.

Enfin nous récitions la comptine de la lettre (mon fils a une mémoire plutôt auditive donc cela lui correspondait bien) tout en touchant la lettre rugueuse correspondante.

APPRENDRE A ECRIRE

Au début, mon fils recopiait des lettres bâtons sur des fiches plastifiées ou des feuilles de brouillon.

Ecrire, au départ en très gros, puis entre des lignes de plus en plus petites.

Puis nous avons appris une lettre cursive après l’autre, à partir de cette vidéo de l’association « Trans-Maître ». Je traçais des lignes sur des feuilles A5 et il écrivait une ligne de lettres au crayon à papier tout en récitant la mélodie des lettres.

Quand cela fut intégré, j’ai acheté un cahier Séyès, dans lequel les lignes sont plus grosses que la normale. L’objectif était de se familiariser avec le principe du cahier et d’apprendre peu à peu à écrire plus petit.

Au bout de deux semaines, nous avons été acheter ensemble un stylo plume (nous avons choisi la marque Lamy qui propose des stylos pour gauchers et je ne peux que la recommander)

Parallèlement et naturellement, mon fils a alors commencé à dessiner des machines, des inventions ; tout son imaginaire est sorti sur le papier. L’écriture l’a mené vers le dessin et non l’inverse !

INTEGRER D’AUTRES MATIERES (CHEZ NOUS LA LECTURE PUIS LES MATHS)

J’ai ensuite intégré la lecture avec tout simplement la méthode Boscher. La méthode me semblait abordable, progressive, avec de jolis dessins. Peut-être qu’aujourd’hui, si c’était à refaire, je choisirais la méthode des alphas qui est plus ludique, et- ou « Mico mon petit ours« . Nous faisions une page sur deux séances.

Le boulier pour apprendre à compter

Et enfin seulement, quelques mois plus tard, les maths avec un boulier, des tickets de bus et la méthode de Singapour (des carnets de Grande Section que l’on peut acheter ici) et en prévoyant cette séance après le goûter, donc à un autre moment, pour que ça ne soit pas trop lourd.

UNE EXIGENCE FRUCTUEUSE

De cette première année de travail formel, je retiens plusieurs choses :

  • D’abord et toujours (au risque de me répéter) les vertus de COMMENCER PETIT, mais de faire le travail REGULIEREMENT
Grimper une petite marche après l’autre pour acquérir la maîtrise
  • Ensuite le constat que ce rythme est à la fois EXIGEANT pour l’enfant (il y a une part de contrainte, même si ça n’est que 20’ par jour), et pour le parent (on a tendance à osciller entre l’envie de voir une progression et en même temps de laisser l’enfant aller à son rythme). L’entrée dans les apprentissages formels est clairement un changement de rythme familial et demande de la rigueur. Il y a des jours, des périodes même, où cela peut créer une tension. Cela demande alors à la fois de la fermeté et de la souplesse : on travaille, ça c’est intangible, mais on peut choisir par quoi commencer, quelle notion apprendre, quelle lettre découvrir aujourd’hui. Le travail est « sur-mesure », il s’adapte à l’enfant et se fait dans le dialogue. Plus les mois passent, plus on devient à même d’envisager des alternatives.
Commencer le travail formel, ça demande de l’entraînement !
  • Il y a une progression dans la CONNAISSANCE DE SOI. Connaissance l’enfant, de ses besoins, de ce qui lui convient. On comprend ce qu’il apprécie, en quoi il est doué, ce qui lui demande davantage d’efforts. Et alors on l’encourage à propos, on lui fait des remarques adaptées. On perçoit clairement ce qui a évolué grâce à la régularité et-ou grâce au repos (2 semaines de vacances et la lecture devient plus naturelle). On détecte aussi les signes de fatigue, on le verbalise et on en tient compte soit pour arrêter plus tôt, soit pour se dépasser « un peu ». On se connaît mieux aussi comme parent instructeur : ce qu’on est capable de donner et quand (chez nous, c’est moi qui commence le travail : j’ai besoin de mon heure d’écriture quotidienne ; le travail scolaire vient après), nos limites, comment se ménager, se ressourcer, les quelques aspects tangibles qui nous permettent de rester heureux de ce mode de vie (ce qu’on voit de son enfant, mais aussi la qualité de vie qui s’en ressent pour tous et ce qu’on en retire personnellement : la lucidité est gage de longévité !).
Savoir se poser, prendre du temps « pour soi », c’est aussi ça qui permet à l’IEF d’être une réussite !
  • Pour l’enfant, il y a aussi selon moi une MATURITE qui est directement liée à l’entrée dans les apprentissages formels. Chez nous en tous cas. Cela a canalisé notre enfant. Il est devenu plus consciencieux, plus concentré. Et il a commencé à dessiner, à faire des dessins très pointus même, puis des maquettes. Il s’est découvert une passion.

RECONCILIER TRAVAIL FORMEL ET INFORMEL

Même si l’enseignement est « formel » l’enfant continue de manipuler pour apprendre, particulièrement en maths

Il arrive qu’on oppose travail formel et informel. Il y aurait les tenants d’un apprentissage informel, le unschooling, avec l’enfant qui apprend par lui-même et se pose les exigences dont il a besoin pour parvenir à son objectif, et les tenants d’un apprentissage formel dans lequel l’enfant subirait un apprentissage dicté par l’adulte, qui serait alors vu comme un répétiteur (si l’enfant suit des Cours par Correspondance) ou un enseignant à l’ancienne (proposant des cours magistraux).

Or l’expérience des familles qui choisissent le travail formel en Instruction en Famille est clairement de l’ordre du 20-80. L’apprentissage formel, s’il est exigeant pour l’enfant comme pour le parent instructeur, et qu’il revient tous les jours (ou presque : on ne va pas s’imposer de travailler de manière arbitraire si l’enfant ou le parent se sentent malades ou si une sortie est prévue un jour), ne représente que 20% de la journée. Les moyennes pourraient être : 30’ à 1h30 en CP-CE1 (en augmentant progressivement le temps, selon les capacités de l’enfant), 2 à 3h ensuite, pour le reste du primaire. N’ayant pas l’expérience du collège-lycée, je ne me permettrai pas d’avancer des horaires, mais l’enfant grandissant, il prend davantage ses apprentissages en mains, et organise lui-même son temps de travail.

La loi de Pareto invite à concentrer son attention sur les 20% d’efforts qui produisent 80% de résultats. En IEF formelle, le travail se concentre sur 20% du temps de la journée.

En tous cas, la majeure partie de la journée reste du temps libre, pendant lequel l’enfant est dehors, participe à des activités, voit des amis, et-ou intègre par le jeu ce qu’il a découvert de manière formelle. Bien sûr le parent instructeur est toujours là pour répondre aux questions, envisager une activité qui permettrait de mieux répondre à ses interrogations. Bref, le reste du temps, les enfants qui évoluent en famille vivent pleinement d’apprentissages informels.

Passer beaucoup de temps dehors à jouer, rêver, explorer la nature, un privilège des enfants instruits en famille, quel que soit le type d’enseignement choi

LE TRAVAIL FORMEL EN MODE MINIMALISTE

Aujourd’hui, nous sommes sur un travail formel minimaliste. Je mesure que la routine est posée, je connais mon enfant, son rythme, ses attentes, et finalement mon travail de préparation est quasi nul. J’ai quelques manuels. Je me « forme » par plaisir quand j’ai un moment de libre mais j’ai du temps pour moi, pour travailler et développer d’autres compétences. L’enjeu est bien sûr différent avec plusieurs enfants de niveaux différents, mais il me semble, pour l’avoir observé dans d’autres familles, qu’il y a bel et bien une aisance qui se développe avec le temps.

La confiance et la relation sont renforcées

Est-ce que ce mode d’instruction vous parle ? Quelles sont les difficultés que vous êtes parvenus à dépasser au fil du temps de l’expérience ? N’hésitez pas à me le dire en commentaire et à partager cet article s’il vous a plu.

Dans un prochain article, je vous parlerai d’une autre forme d’apprentissage, peu connue en France : le worldschooling.

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Asterisk COMMENT FAIRE L’INSTRUCTION EN FAMILLE EN MATERNELLE ?
12/01/2019 Isabelle in TRANSMETTRE / No comments

Dans cette série d’articles sur l’Instruction en famille, je vous partage notre cheminement, ce qui nous a conduit à faire ce choix, comment nous le vivons au quotidien, comment nous nous organisons et nos tâtonnements. Dans une 1ère partie, je vous parlais des raisons qui nous ont amenées à faire ce choix. Dans cette 2ème partie, je vous parle de nos 1ères années d’IEF. Comment gère-t-on la maternelle à la maison ? Qu’est-ce que l’apprentissage autonome, informel ou ce qu’on appelle encore le unschooling ? A quoi ressemblait notre organisation hebdomadaire ?

1ère NON RENTREE, NOTRE ORGANISATION

1ère non-rentrée donc. Je commençais à tâtons, le trouillomètre à 100 et un cadre à définir.

Il n’y a pas que les enfants qui se cachent quant ils n’ont pas envie d’affronter leurs peurs 😉

Il était entendu que mon fils continuerait d’aller chez la nourrice un jour par semaine (ou plusieurs heures réparties sur la semaine; c’est une possibilité offerte alors par la CAF jusqu’aux 6 ans de l’enfant, du fait que je travaillais).

Un calendrier hebdomadaire, avec grosso modo les activités qu’on planifie, facilite grandement la structuration du temps en IEF, même pour les petits.

L’anniversaire des 3 ans de notre fils avait été l’occasion de lancer une cagnotte pour acquérir du matériel Montessori.

Les solides Montessori, un matériel qui permet d’appréhender la géométrie en 3D

Et notre appartement était transformé en mini-classe, avec des tableaux magnétiques partout, à hauteur d’enfant, pour pouvoir exposer des chefs d’oeuvre, des lettres, des chiffres. Bref, pour créer un environnement stimulant. Dans un coin, j’avais placé des étagères ouvertes (Leroy Merlin si ça vous intéresse) dans lesquelles j’avais placé les outils Montessori.

Sur les murs, j’avais installé une « poutre du temps » c’est une frise en carton, avec un espace par jour, et au final l’année entière représentée. On y inscrit les évènements importants, et aussi une pince que l’enfant déplace pour qu’elle soit sur le bon jour.

Cela permet à l’enfant de réaliser matériellement que le temps passe. On peut réaliser cette poutre soi-même ou l’acheter ; il y en a une par exemple à la fin du livre Balthazar et le temps qui passe (mais elle est en papier, elle ne durera pas autant qu’une frise en carton ou plastifiée).

Enfin, nous avions investi dans un cahier Canson à spirale qui deviendrait le « cahier de vie », là où j’écrirais sous la dictée tous les évènements importants, les découvertes.

LES OBJECTIFS EN PETITE-MOYENNE SECTION

Un « beau » cahier, dans lequel l’enfant raconte ce qu’il fait, ce qu’il aime, ce qu’il apprend

Pour moi, à 3-4 ans, l’objectif était de verbaliser, développer un vocabulaire, raconter, se repérer dans le temps et faire mémoire. Ce cahier était et est resté « beau », avec un soin mis dans l’écriture, les illustrations. Aujourd’hui encore, mon fils a plaisir à le consulter comme on revisite avec délice l’histoire de sa vie. Hé oui, pour moi, il n’y a pas d’âge pour relire sa vie 😉 Je suis persuadée qu’à chaque fois qu’il feuillette ses cahiers de vie, il renforce son identité (qui je suis, ce que j’ai fait, ce que j’ai choisi, ce que j’ai appris, les difficultés que j’ai dépassé, ce qui me rend unique) et ré-ancre ses apprentissages. Pour moi, s’il y a un outil à retenir dans l’école à la maison des tout-petits, c’est celui-là !

LES REAJUSTEMENTS

Les mois passant, je suis devenue plus sereine quant à ma manière de faire et ce que je voulais pour mon enfant. Aussi, le choix de poursuivre l’Instruction en Famille en Moyenne Section s’est fait naturellement. Pour cette deuxième, la nourrice prenait sa retraite. Aussi nous avons misé sur les activités de la commune pour créer un repère hebdomadaire fixe de vie avec d’autres enfants : gym, initiation au piano et au violon ont accompagné notre enfant pendant les deux années qui ont suivi. Le groupe d’Instruction en Famille du secteur (l’Ecole de la Vie en région parisienne) proposait aussi des rencontres à la ludothèque et dans les musées. La moyenne section correspondait à une plus grande curiosité ; aussi nous passions chaque semaine une journée à Paris, en choisissant une activité culturelle au gré des envies, et nous la racontions ensuite dans le cahier de vie.

Suivre sa voie, apprendre à son rythme : le maître-mot de l’apprentissage informel

Nous avons donc vécu pendant ces deux ans ce qu’on appelle l’apprentissage informel ou unschooling. En gros, l’enfant évolue dans une atmosphère où les propositions sont nombreuses mais où « il » choisit ce qui l’attire. Pas de « séance de travail » à proprement parler. Surtout du temps libre, avec des jeux. Quelques travaux manuels au gré des envies. Des sorties, des activités ludiques, des lectures « plaisirs » et beaucoup de temps dans la nature aussi.

Et vous, comment gérez-vous cette période 3-5 ans ?

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Asterisk POURQUOI J’AI CHOISI D’INSTRUIRE MON ENFANT EN FAMILLE
11/01/2019 Isabelle in TRANSMETTRE / 2 responses

Voilà plusieurs années maintenant que nous pratiquons l’Instruction en Famille. Un chemin passionnant, qui amène à se connaître, s’organiser, progresser et transmettre. Autant dire qu’on est au coeur de la thématique de ce blog ! Dans cette série d’articles, je vous partage notre témoignage : les questionnements avant, les débuts, notre tâtonnement au niveau du choix de la pédagogie, des outils, de l’organisation d’une routine, mais aussi nos fiertés et là où nous en sommes maintenant, en espérant que cela vous inspirera et ouvrira votre champ des possibles. 1ère partie cette fois-ci : l’avant IEF, comment ça s’est passé, notre situation, le pourquoi de ce choix, mais aussi mes peurs et le regard des autres.

AU TOUT DEBUT, J’AI SUIVI LE MOUVEMENT

Les fourmis suivent leur congénères… à l’infini…

Quand la question de scolariser notre enfant s’est posée, c’est-à-dire lorsqu’il avait 2 ans et demi puisqu’en France, les démarches d’inscription à l’école maternelle commençant 6 mois avant la rentrée, j’ai commencé par suivre le mouvement : mettre à jour le carnet de vaccination de mon fils, faire calculer notre quotient familial, remplir les papiers pour l’école publique et fouiner sur le net à la recherche d’infos sur les écoles dites alternatives. J’ai découvert au passage que pour les écoles « privées sous contrat », c’était râpé : toutes les pré-inscriptions étaient faites depuis longtemps ! Nous étions en région parisiennela course à la place dans la « bonne école » fait rage ! 

LA MATERNELLE EN REGION PARISIENNE

Et quand on questionne les parents d’enfants scolarisés, on entend parfois des histoires qui font frémir…

Les classes sont aussi réputées pour être surchargées : il n’est pas rare de compter 30 enfants dans une classe de Petite Section. Tous ces enfants, si petits, rassemblés sous la responsabilité de deux adultes (un enseignant et une assistante maternelle), ça me donnait des sueurs froides. Et dire que mon enfant avait eu une nounou pour lui tout seul, puis une assistante maternelle « très chargée » : c’est-à-dire qu’elle gardait 4 enfants. Et là, sans transition, on prévoyait de faire garder 30 enfants en même temps entre 4 murs. Ca me paraissait « un peu » beaucoup…. et aussi « un peu » prématuré car à 3 ans, beaucoup enfants se font à peine comprendre : comment ces adultes pourraient lui donner le miroir de parole structurée qui le ferait vraiment progresser et lui donnerait ce sentiment intérieur de sécurité si fondamental pour la suite ?

ET POURQUOI PAS UNE ECOLE A PEDAGOGIE MONTESSORI ?

Les tarifs de certaines écoles hors-contrats en France sont rédhibitoires

A cette époque, et comme beaucoup de parents, j’ai été attirée par la pédagogie Montessori, pour son respect de l’enfant, de son rythme, le souhait d’accompagner l’enfant vers l’autonomie, et de faire évoluer des enfants d’âge différents dans un même espace. Je garde ces valeurs bien précieusement et tâche de les appliquer au quotidien. Malheureusement, les tarifs des écoles Montessori (entre 350 et 700 euros par mois dans le secteur où nous habitions) m’ont fait pâlir ! Il nous a semblé plus approprié de réserver ce budget à des sorties et aux voyages (qui forgent la jeunesse, n’est-ce pas !?).

1er REGARD SUR L’INSTRUCTION EN FAMILLE

Vivre à son rythme, faire les choix qui nous correspondent vraiment

Quand j’ai eu fini mon tour d’horizon des possibilités d’instruction « classiques », j’ai honnêtement lorgné du côté de l’Instruction en Famille. L’idée m’enthousiasmait et m’effrayait en même temps. Permettre à mon fils d’évoluer à son rythme, dans « la vraie vie », de rencontrer d’autres familles dans notre cas avec des enfants de tous âges, d’établir un « programme à la carte » me tentait profondément.

LES FREINS INTERIEURS DU FUTUR « PARENT INSTRUCTEUR »

En même temps, j’étais impressionnée par ma responsabilité puisque c’est moi qui serai le « parent instructeur ». Et si je me trompais ? Et si je ne donnais pas à mon enfant « suffisamment » ? S’il n’était pas assez « nourri », ni en terme de « progression scolaire » ni en terme de « socialisation » ?

Et puis, si je suis de nature créative, et si j’ai à coeur de suivre mon intuition, je ne me sens pas non plus « hippie », et je redoutais de rentrer malgré moi dans une « case » qui ne correspondait pas du tout à ce que j’étais vraiment. J’avais peur du regard que les autres pourraient porter sur moi, sur nos choix, et ce d’autant plus que nous habitions et travaillions dans une école (paradoxal mon cher Watson).

La peur du regard des autres… un frein si commun

Je mesurais aussi nettement qu’en faisant ce choix, les sceptiques attendraient « un surcroît de réussite » pour se sentir « à peine rassurés ». J’ai toujours beaucoup douté de moi, et la perspective d’être passée au crible du détecteur d’anticonformisme me glaçait le sang.

UN CHOIX QUI ENGAGE ET FAIT PROGRESSER

En tant que parent instructeur, on peut être fier, malgré les hauts et les bas !

En ce sens, l’Instruction en Famille m’a amenée à assumer ce que je portais, à renoncer à plaire à tout le monde, et à m’assouplir : on ne peut pas être compris de tous, mais on peut rester en relation malgré tout. Aujourd’hui, avec 5 ans de pratique d’IEF, il m’arrive encore de frémir quand je saisis que mon fils n’est pas « exactement » dans les clous des attendus sociaux ou de niveau. Mais je me soigne 😉 Mon enfant vit, évolue, avec une personnalité riche, un imaginaire et une curiosité foisonnante et une personnalité bien affirmée : il sait ce qu’il veut ou pas. C’est sur ces assises là que je me repose !

DES CONNIVENCES AVEC LES ENSEIGNANTS

Accompagner les élèves à s’intégrer dans le monde de demain. L’objectif des enseignants… et celui des parents instructeurs

Dans quel monde grandira mon enfant ? De quelles compétences aura-t-il besoin ? Que faire pour lui permettre de les acquérir ? C’est sur ces points que je m’interroge, au même titre que les enseignants d’ailleurs, et c’est pour ça qu’à mon sens, nous partageons les mêmes valeurs ! N’avons-nous pas pour objectif de former des citoyens libres et responsables, qui expriment leur talent propre et se donnent avec enthousiasme ?

DES FACTEURS ENCOURAGEANTS

Bénéficier de soutien, une vraie chance !

Mais revenons aux prémisses ! A un moment de ma recherche, je me suis « autorisée » à essayer. Mon mari m’y encourageait (c’est une énorme force !), lui-même était alors enseignant (il voyait donc l’école « de l’intérieur »), une de mes belles-soeurs pratiquait déjà l’école à la maison (pour moi, c’était un repère et la preuve que c’était un possible) et mon travail me le permettait (je travaillais en soirée ; financièrement, et au niveau du rythme, c’était possible). Autant dire que j’avais, comparativement à d’autres parents qui se posent la question de commencer ou non l’Instruction en Famille, beaucoup de chance.

CHOISIR DE TESTER ET DE RESTER SOUPLE

OSER sortir de la fourmilière ! Aller jeter un oeil au dehors. tester !

Pour moi néanmoins, à ce moment-là, c’était un risque, un cap. Et j’ai fait le « pari de Pascal », je me suis dis : « on essaie et on fera le bilan dans un an ». Dans l’intervalle, avant la rentrée, j’ai passé des centaines d’heures sur la toile à me renseigner frénétiquement sur les méthodes, à m’approprier des outils, à rechercher des bons plans, des groupes de discussions et de rencontres. J’ai fait en quelques mois une auto-formation à l’école à la maison ! Et si je ne regrette pas d’avoir nourri ma passion (à la base, je suis attirée par les méthodes d’instruction), j’ai quand même frisé l’overdose et fini par renoncer à « tout savoir ». Ce fut salutaire 😉

A suivre….

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Asterisk 3 MANIERES ORIGINALES DE VOUS DETACHER D’UN PROBLEME OBSESSIONNEL
09/01/2019 Isabelle in SE RE-DECOUVRIR / No comments

Dans On a toujours une seconde chance pour être heureux, Yves-Alexandre Thalmann s’intéresse à l’impact de nos pensées sur notre sentiment d’être heureux. Et bien sûr, lorsqu’on est obnubilé par un problème qui nous paraît insoluble, notre degré de bonheur perçu frôle le zéro ! L’auteur suggère alors 3 petites astuces pour s’en dépêtrer !

1- DISSOCIER PENSEE ET REALITE

Penser et repenser à votre problème vous bloque et vous empêche littéralement de voir une solution

Le problème devient comme son nom l’indique « obnubilant »… quand nous y pensons à l’excès. C’est la pensée qui nous mine. Or la pensée n’est pas la réalité. Elle ne fait que s’en rapprocher et souvent la tordre : elle va lui associer par exemple des regrets et des prévisions alarmistes. Le premier conseil est donc de dissocier la pensée et la réalité, notamment en commençant ses phrases par : « Je suis en train de penser que… »

2- INTRODUIRE UN BRIN D’ESPIEGLERIE

Rire de soi, rire d’une situation pour la voir autrement, avec plus de légèreté

Non pas que la situation prête forcément à rigoler ! Mais introduire un peu d’humour va engager d’autres circuits de votre cerveau que l’habituel ressassent automatique du problème. Cela va permettre de prendre de la hauteur, instantanément, et d’activer vos zygomatiques 😉

A/ LE DIRE AVEC UN ACCENT

Expliquez ce qui vous tracasse en mode « orang-outan »… chiche ?

Se dire exactement la même chose que l’instant d’avant, le même déroulé, les mêmes arguments, le même air indigné, avec toute la réaction « brute »… mais le dire avec une voix ou un accent différent ! Essayez, c’est bluffant ! Comment résister à l’envie de se bidonner quand on parle d’un probable licenciement avec l’accent de Schwarzenegger ! 

B/ LE CHANTER

Chanter ses problèmes « à la mexicaine »… osez, oses, osons ! Fou rire garanti !

Dans la même veine, on peut « chanter » son problème sur un air connu, comme « Joyeux anniversaire ». Votre cerveau va mettre deux « filtres » improbables l’un sur l’autre (une chanson de votre enfance, et un sujet « sérieux ») : court-circuit assuré : le côté désopilant aura vite fait de vous faire prendre de la hauteur !

3- SCENARISER SON PROBLEME

En avant, prêt, tournez !!

Et oui, tout simplement : vous faire un film au sens propre. Pas avec une caméra, mais en imagination, comme si vous y étiez. Vous voyez Hollywood, le plateau, vous avez fixé le sénar’, vous êtes derrière la caméra : action ! Le top du top : donner un titre à ce Blockbuster !!

Ainsi, la prochaine fois que vous aurez à nouveau le nez dans le guidon, que vous serez réveillé par votre obsession, vous pourrez intérieurement vous dire : « Ca y est, je me rejoue « Les difficultés avec mon chef 2.0 » ». 

Ces quelques astuces ont un point commun : elles relativisent la pensée, et créent un biais cognitif, une échappée. Instantanément, elles permettent de prendre de la hauteur et donc de redevenir maître à bord.

Vous avez essayé ? Alors, quel est le titre de votre scénario préféré…? 😉

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Asterisk 5 LIVRES POUR DECOUVRIR L’HYPNOSE
07/01/2019 Isabelle in SE RE-DECOUVRIR / No comments

L’hypnose me fascine. Non pas parce que cela permettrait, comme on pourrait le penser, de détenir un pouvoir sur autrui. Mais parce qu’il s’agit d’explorer les ressources cachées de l’inconscient, d’ouvrir sur des possibles inconcevables avant cette exploration. J’ai découvert l’hypnose à travers quelques livres. Je ne résiste pas à l’envie de vous les partager.

Un thérapeute hors du commun, Milton H.Erikson, Jay HALEY, 1973

L’histoire de celui qui a réinventé l’hypnose, qui en a fait une thérapie efficace. C’est une 1ère entrée, à travers une biographie fascinante

Erikson, hypnose et psychothérapie, Dr Dominique MEGGLE, 1998

Toujours la vie de Milton Erikson, mais croisée avec la relecture et la pratique d’un psychiatre français. On restitue Erikson dans son temps, et la thérapie par l’hypnose dans ce qu’elle a d’actuel.

L’hypnose générative, Stephen GILLIGAN, 2012

L’auteur, qui a connu Erikson, a poussé l’hypnose jusque dans ses possibilités créatrices. Pour lui, l’hypnose permet non seulement de réconcilier l’individu avec lui même mais aussi de l’ouvrir à tous les possibles. C’est la personne qui consulte qui détient sans le savoir à la fois les racines et les clefs de son problème. Le thérapeute se situe comme un accompagnant. J’y trouve des clefs nombreuses et valides pour une auto-hypnose.

50 exercices d’autohypnose, Mireille MEYER, 2012

Un petit fascicule très abordable pour découvrir l’autohypnose chez soi. Une manière très simple de se lancer. Je me suis inspirée de l’un des exercices de ce livre pour vous présenter un protocole d’auto-hypnose.

Guide pratique d’hypnose rapide, Jordan VEROT, 2018

L’auteur dirige un centre d’hypnose. Il livre ici toutes ses clefs pour permettre à des patients d’entrer en hypnose. Un ouvrage plein de bon sens, très détaillé, qui repose sur la pratique de l’auteur. Il s’agit du tome 1, le tome 2 est à venir.

Cette liste n’a aucune prétention à être exhaustive. Je vous partage plus mon cheminement qu’une bibliographie 😉 Si cette liste vous a inspirée ou que vous avez d’autres ouvrages à me recommander, n’hésitez pas à me le dire en commentaire !

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